Intro...

Intro...
1. Introduction.

"Enfants sacrifiés" ... "Viols de jeunes filles" ... "Bétails massacrés pour un quelconque rituel"... Il existe une liste exhaustive de ces méfaits et aussi toutes sortes de clichés qui
nécessitent peut - être d'être éclaircis à propos du sujet "sulfureux" qu'est le satanisme.
Alors qu'il existe de nombreux recueils à propos des sectes ou des nouveaux mouvements
religieux, il n'existe pas d'écrits offrant une analyse du satanisme de niveau acceptable.
La seule source disponible est de caractère polémique ou alors de livre traitant d'un fait
sans approfondir le sujet.
On ne se concentrera pas sur les "crimes satanique" et les polémiques qui s'y rapportent. On ne traitera pas non plus le diable du point de vue de la théologie, de l'histoire de l'art ou de la littérature et on se s'occupera pas d'avantage de la possession diabolique, étant donné que possession et satanisme sont des phénomènes structurellement différents. En effet, sans trop forcer les choses, on peut dire que le sataniste cherche le diable(et souvent ne le trouve pas), tandis que le possédé est trouvé par le diable(que, très souvent, il n'avait pas recherché). Une histoire culturelle et sociologique du satanisme contemporain ne doit pas être confondue avec une histoire des phénomènes de possession diaboliques ni avec une anthropologie de l'exorcisme. D'un point de vue historique et sociologique, le satanisme peut être défini comme l'adoration ou vénération, par des groupes organisés sous forme de mouvements, grâce à des pratiques répétées de type cultuel ou liturgique, du personnage dénommé, dans la Bible, Satan ou le Diable. D'un point de vue théologique, il peut être estimé que les satanistes - même n'adorant pas explicitement le Diable, même s'ils nient son existence - sont les groupes qui manifestent de l'aversion ou de la haine pour Dieu et proposant de devenir comme Dieu au travers de pratiques magiques ou occultes(comportant souvent une part d'immoralité et de violence). Cette définition plus large du satanisme est parfaitement légitime, peut-être même nécessaire, dans le cadre de la théologie; Mais l'historien et le sociologue ont besoin de délimiter le cadre du satanisme de manière plus circonscrite, afin d'en identifier les éléments distinctifs à l'intérieur du monde bien plus vaste de l'occultisme et de la magie cérémonielle.
Le but de ce travail consiste à étudier la subculture du satanisme non seulement dans son histoire interne, à savoir ses rapports avec la plus vaste subculture de l'ésotérisme et de l'occultisme, mais aussi dans l'histoire externe, à savoir dans ses relations avec les formes culturelles dominantes. Comme on le verra, c'est seulement au XIX° siècle que des ressources socialement importantes sont mobilisées autour du satanisme et des polémiques qui s'y rapportent. Il ne s'agit d'ailleurs pas toujours des mêmes ressources, ni du même type de mobilisation.

1.1 Quelques définitions.

La religion satanique n'est pas une croyance ou une foi religieuse au sens strict du terme, mais elle revêt différents aspects pratiques et idéologiques propres à toutes les religions: des rites, certaines organisations hiérarchiques - "prêtres", victimes de tous ordres - et différente règles et observances articulées autour d'un personnage central évoqué de multiples manières, en l'occurrence sous le visage de Satan.
Le Démon, quant à lui, est un être surnaturel, un esprit ou une force capable d'influer sur l'existence humaine, généralement de façon maléfique. Il est présent, sous des formes diverses et dans la plupart des religions. Le mot "démon" vient de l'ancien mot grec "daimon", qui désigne des êtres qui se situent entre les dieux et les hommes de par leurs pouvoirs spéciaux qui leur permettaient d'améliorer la vie des gens autant que de les châtier selon la volonté des dieux. C'est essentiellement dans l'Ancien Testament que l'on trouve des allusions à des êtres maléfiques ou encore des "esprits impurs". A partir du Moyen Age, les théologiens chrétiens avaient déjà établi une hiérarchie d'anges, associés à Dieu, et d'anges déchus, ou démons, dont Satan était considéré comme le premier ange déchu. Il faut ajouter aussi que les Pères de l'Eglise et le Nouveau Testament font mention "des" démons; la désignation de Satan par "démon" est récente.
En ce qui concerne le Diable, il représente dans les croyances chrétiennes, islamiques et hébraïques l'esprit suprême du mal qui règne depuis les temps immémoriaux sur un royaume d'esprits maléfiques et constamment en opposition avec Dieu. Le mot "diable" vient du grec "diabolos"(calomniateur) qui devint, en latin, "diabolus"; . Le terme fut utilisé dans la traduction grecque de la Bible, la version des Septante, non pour mentionner des êtres humains, mais pour traduire l'expression hébraïque ha-satan (le satan&), utilisée à l'origine comme le titre d'un espion errant au service de Dieu, rassemblant des renseignements sur les êtres humains lors de ses voyages terrestres. Comme certains aspects de cette figure céleste rappelaient des agents des services secrets des royaumes du Moyen-Orient, il n'est pas surprenant que le satan soit considéré comme un personnage qui cherche à créer la sédition là où elle n'existe pas et qu'on voie en lui un ennemi des êtres humains voulant les écarter de Dieu. Dans la tradition juive tardive et donc dans la pensée chrétienne primitive, le titre devint nom propre; on commença à considérer Satan comme un adversaire non seulement des hommes mais aussi et surtout de Dieu.

1.2 Le monde divin.

Afin de se repérer dans la multitude d'anges, démons et autres esprits divins, suit ci-après un schéma explicatif de la manière dont est organisée la population céleste.
Le monde divin est organisé par une hiérarchie céleste. Les démons comme les anges y ont leur place car ils ont été crées par Dieu. L'esprit du Mal est représenté par Bélial et est opposé à Dieu. Baal n'étant qu'un générique, il n'a pas été placé. En effet, ce nom n'est qu'une racine servant à former d'autre noms et signifiant "seigneur" dans les anciennes religions. Belzébuth, par exemple, signifie "seigneur des mouches". De plus, Baal était une divinité déjà vénérée avant que n'arrive le christianisme.
Bien entendu, il faut admettre dans ce diagramme qu'il y a deux entités en présence, l'une positive (l'esprit du Bien); l'autre, négative (l'esprit du Mal).

# Postato sabato 04 giugno 2005 12:37

Modificato mercoledì 30 gennaio 2008 19:42

Première approche...

Première approche...
2. Première approche

2.1. Les origines du satanisme.

2.1.1. Dans les Ecritures.

Curieusement, la Bible nous offre deux perspectives bien différentes l'une de l'autre. Alors que Satan n'apparaît que bien fugitivement dans l'Ancien Testament, il est omniprésent dans le Nouveau. En tout cas, il est certain que le personnage n'occupe dans la Bible qu'une place mineure.

Dans l'Ancien Testament.
N'apparaissant de façon nette qu'au début du livre de Job et dans une vision du prophète Zacharie, il est décrit comme "appartenant au monde angélique" et joue un rôle de provocateur ou d'accusateur. Dans les deux cas, on suggère que Satan n'est qu'une créature angélique chargée d'accuser l'homme devant le tribunal divin. Mais le plus important est cette image de Satan, qui est de décharger Dieu de la responsabilité dans l'origine du mal.

Dans la littérature intertestamentaire.

Par ces termes on entend les écrits qui n'ont pas été retenu par les Canons et dont la période de rédaction va du II° siècle avant au II° siècle après J.-C.
Dans cette littérature on constate un véritable foisonnement d'anges et démons dans les divers écrits apocalyptiques dont c'est un des traits distinctifs. Les "sept cieux" se peuplent d'anges, archanges, anges de la Face et autres créatures divines. A partir des textes de tendance essénienne et ceux trouvée à Qumrân, une certaine symétrie entre deux types d'anges se forme: il y a celui du bien(le Prince des lumières) et celui du mal(l'Anges des ténèbres).
Dès lors, il faut situer les traditions sur l'explication de l'origine des démons ou la chute des mauvais anges. Dans certains textes de la Genèse il est question des "fils de Dieu", qui s'accouplèrent aux femmes humaines. Dans un autre, il est question de l'assimilation des fils de Dieu aux anges. Cette confusion amena les Pères de l'Eglise à adopter cette assimilation. Mais il y a un hic: comment des créatures célestes, immatérielles par définition, pourraient s'accoupler à des femmes humaines, tout ce qu'il y a de plus charnelles... Cela ne gêna pas outre les Pères et cette croyance resurgira maintes fois en des époques différentes et constituera même un des principaux fantasmes sur les créatures démoniaques.
D'autres explications existent aussi. D'après certains textes, lorsque Dieu créa l'homme à son image, il convoqua l'assemblé angélique et leur soumit l'idée. Mais toute l'assemblée n'acquiesça pas, l'idée d'obéir à des créatures inférieures les révoltaient. Ils devraient donc leur chute à l'orgueil et non, comme dans l'autre version, à leur désir sexuel.

Dans le Nouveau Testament.

Aussi dans le Nouveau Testament il y a prolifération de créatures célestes. Dans ce livre, le Satan se borne au rôle de tentateur et d'adversaire comme on l'observe dans les trois tentations de Jésus. En prenant cet exemple, on illustre le "mélange" qui se fait entre le Satan et le diable. Selon l'évangile de Matthieu, si Jésus a résisté aux tentations, c'est par son adhésion à la parole de Dieu. Or, dans l'évangile de Luc, il est fait allusion à une tentation autre: celle de se séparer de la volonté du Père. Ici le diable est pleinement rendu dans son rôle de séparateur (diabolos). D'où, dans le cas de Jésus, l'union du diable("séparateur") et du Satan("adversaire") en un seul personnage, Satan.

2.1.2. Dans l'Eglise au Moyen-Age.

L'Eglise, en tant que pouvoir, s'est largement appuyée sur l'imagerie diabolique pour asseoir son pouvoir en créant, par exemple, le purgatoire. C'était somme toute logique car lorsqu'un pouvoir devient puissant voire totalitaire, il se forge lui-même ses ennemis afin de préserver ses fidèles par la pression et la crainte. Il est observable que l'Eglise s'est librement inspirée de l'Evangile et l'a un peu adapté.
Alors que la vie monacale commençait à se développer au IV° siècle grâce à l'impulsion donnée par les Pères de l'Eglise, le démon allait faire une nouvelle apparition. Antoine le Grand(250-356), à qui on donne la paternité de cette nouvelle vie, fit nombres d'expériences d'approches démoniaques. Ces expériences et sa vie furent consignées plus tard par saint Athanase et nous sont donc parvenues. Ce livre eu un succès retentissant. L'intérêt qui réside dans cette biographie, est l'incroyable place qu'occupent les attaques de démons que saint Antoine fit tout au long de sa vie. Cette lutte, transmise par la biographie, allait être débattue, discutée et contribuerait à la propagation des idées sur les démons.
L'objectif de l'Eglise, au XV° siècle était de voir l'ensemble de la population soumise au christianisme en lui plaçant des contraintes telles que la mort et ses menaces de purgatoire ou, pire, de l'enfer. Cela s'est fait d'autant plus aisément que les ecclésiastiques eux mêmes étaient convaincus de la véracité de ces menaces.
Contrairement aux idées reçues, le Moyen Age n'est pas la période où le satanisme s'est le plus représenté. A cette époque, Satan était plus perçu comme un démon parmi les autres que comme l'incarnation du Mal. C'est vers le XVI° siècle que s'est manifesté pour la première fois la peur du Malin. En effet, c'est à ce moment là que se répand dans toute l'Europe la terrible "chasse aux sorcières". On peut se demander ce que l'on reproche à ces femmes. Nombre d'historiens se sont penchées sur la question et il en ressort que cette répression commence au XV° siècle, quand on accuse les sorcières de commettre le plus grave des crimes: s'allier au diable. On croit qu'elles ont passé un pacte avec lui, rédigé avec leur propre sang. Le sabbat entre dans les croyances populaires, avec ses sacrifices d'enfants. Comment sont nées de telles inventions? Sans doute dans l'imagination perverse d'intellectuels s'inspirant de très anciennes légendes et qui ont trouvé écho dans la population.

La machine à fabriquer des sorcières.

C'est l'Eglise qui pourchasse d'abord les sorcières, au moyen de l'Inquisition. En 1486 est édité par deux allemands le "Malleus Malificarum&", le "Marteau des sorcières" qui devient rapidement le manuel de base de la chasse aux sorcières. Mais très rapidement ce sont les tribunaux laïcs qui prennent le relais dans la persécution. Les femmes prises dans ces rouages n'ont aucune chance de s'en sortir. Soumise à "la question", elles sont torturées horriblement, jusqu'à avouer, même si elles sont innocentes. Elles en viennent à avouer tous les crimes dont on les accuse et donnent de indications qui seront conservées et serviront de bases au satanisme contemporain. Par ces aveux, la chasse continue et se propage.

Responsable de tous les malheurs.

"La sorcière date du temps du désespoir&". A la fin du XIV° siècle, au moment où commencent des temps difficiles, marqués par les épidémies et les mauvaise récoltes, les premiers bûchers s'enflamment. Pourtant au Moyen Age, celles qu'on appelle déjà sorcières, des femmes qui connnaissent l'usage de plantes et qui font office de guérisseuses sont tolérées et intégrées dans les villages. Mais dès le XIV° siècle, après avoir vécu dans un certain confort, le pays connaît une période de disette. En 1348, une épidémie de peste noire ravage la population. On cherche alors des coupables. A cette époque, les paysans forment la majorité de la population. Ils vivent dans un monde rustre, marqué par les superstitions. On s'en prend d'abord aux lépreux qu'on élimine. Puis aux Juifs, qu'on pourchasse ou massacre. Les premières chasses aux sorcières naissent dans les Alpes où se sont réfugiés les Juifs. On imagine une secte diabolique qui tente d'éliminer la chrétienté. Ses adeptes pratiquent des shabbats(le terme vient de "Shabbat", une fête juive). Dans l'imaginaire des paysans, la femme, influencée par le diable est à l'origine du mal. Il faudra attendre le XVI° siècle pour que la chasse aux sorcières cesse peu à peu en France. L'Eglise s'oppose alors à cette persécution. Des médecins et des intellectuels aussi. Enfin, en 1667, l'accusation de sorcellerie est abandonnée par les tribunaux. Les sorcières commencent alors une nouvelle carrière dans la littérature.

2.3. Les trois phase du satanisme.

Dans l'histoire du satanisme, on peut observer un développement cyclique qui
se déroule en trois phases.
Dans la première phase(XVII-XVIII° siècles), il apparaît des mouvements satanistes comme versions extrêmes de tendances et contradictions présentes dans les formes culturelles les plus répandues(tant laïque que religieuses). Il sont animés par ce qu'ils puisent au sein de la subcul ture occultiste et peu à peu, ils acquièrent une notoriété qui va au-delà de leur subculture d'origine.
Dans la deuxième phase(1821-1952), la culture et la religion reconnaissent l'existence de ces mouvements mais refusent de les reconnaîtrent comme étant le miroir de leurs propres contradictions. Leur réaction est de “criminaliser” le satanisme en exagérant sa portée et l'exorcise en le ridiculisant ou l'accablant de théories de complot fictifs. Dans cette phase, la scène est occupée par les antisatanistes qui parviennent à mobiliser de larges ressources sociales contre le danger du satanisme.
Dans la troisième phase(1952-1996), le mouvement d'antisatanisme qui jusqu'alors avait pris place se trouve en difficulté. En effet, il lui manque un adversaire clairement identifiable. Cela est explicable par le fait que les satanistes ont été mis dans l'impossibilité de combattre à armes égales et ont perdu de beaucoup leur visibilité sociale. De plus, pour continuer à mobiliser des ressources, les satanistes "repentis" utilisés par les antisatanistes doivent livrer des témoignages de plus en plus extrêmes au point de devenir peu crédibles. Le mouvement antisataniste perdant pied, de minorités dissidentes avec les formes culturelles dominantes renversent son discours sous des formes nouvelles d'intérêt positif pour le satanisme qui se réorganise donc au sein de la subculture occultiste et donne naissance à un processus nouveau.

# Postato sabato 04 giugno 2005 12:39

Modificato mercoledì 30 gennaio 2008 19:44

Première phase: XVII-XVIII° siècle...

Première phase: XVII-XVIII° siècle...
3.Première phase.: XVII-XVIII° siècle.

Dès le XVII° et le XVIII° siècle apparurent çà et là en France les premiers matériaux qui allaient devenir la base du satanisme. Ces événements isolés ont surtout servi de matériaux qui seront réélaborés et réutilisés au XIX° siècle. Dès lors surviennent dans certains procès de sorcellerie et certains cas de possessions les éléments qui seront employés plus tard par le satanisme. On parle des satanistes dès le début du XVII° siècle, mis en relation avec les cas de possession diabolique "induite"(1). A partir de 1670 et au cours du XVIII° siècle, ces éléments incertains se précisent et apparaissent dans des affaires se situant aux origines du satanisme moderne. C'est ainsi que nous voyons naître en France, plus d'un siècle avant le début d'un mouvement sataniste proprement dit, la notion de messe noire, en Italie des gestes typiques des rituels sataniques, en Angleterre l'usage politique des débats sur le satanisme et en Russie une réhabilitation du Démon, phénomène qui se reproduira à des époques récentes.
La préhistoire du satanisme moderne se situe au XVII° siècle en France, bien que de nombreux auteurs maintiennent que le satanisme et même les messes noires ont des origines beaucoup plus anciennes. Dans certains milieux, on insiste sur le fait qu'un culte des divinités obscures et diaboliques est prouvé dès les temps les plus reculés. On retrouve un certain culte de Satan dans la sorcellerie et dans différents prodromes de la possession qu'il est important de distinguer avec précision du satanisme.
Le mot sorcellerie désigne un genre au centre duquel coexistent plusieurs espèces difficiles de caractériser; depuis les phénomènes médiévaux jusqu'à la néo-sorcellerie contemporaine, telle la Wicca(2) (International WitchCraft, l'association international des sorciers ). Au sens large, le mot sorcellerie désigne une ensemble de pratiques visant à assurer à celui qui les exécute un ascendant sur les personnes ou choses que le principe de causalité ne peut pas expliquer. Dans la néo-sorcellerie, il s'agit plutôt d'une auto-transformation psychologique. Dans la sorcellerie traditionnelle, qui persiste encore de nos jours, il s'agit plutôt de transformer d'autres personnes(en leur faisant préjudice, du bien ou en les amenant à changer d'attitude vis-à- vis du pratiquant). Les ennemis de la sorcellerie affirment que ces actes sont perpétrés grâce à un pacte avec le Diable ce qui implique son adoration. Mais les adeptes de la néo-sorcellerie démentent fermement et soutiennent que leur vénération s'adresse à des divinités préchrétiennes. En ce qui concerne les procès de sorcellerie au Moyen-Age, de la Renaissance et du XVII°, les cas diffèrent les uns des aux autres; les uns affirmant ne rien à voir avec le Démon, les autres fournissant moult descriptions détaillées de Sabbat, rite pendant lequel on vénérait le Démon. La thèse selon laquelle il s'agissait toujours de récits fantaisistes ou des conséquences inévitables des tortures de l'Inquisition trouve de moins en moins de partisans de nos jours. A cela, ajoutons la présence de dépositions spontanées et de témoignages pondérés qui appuient le fait que le Sabbat existait sous forme de réunions clandestines où se mêlaient toutes sortes d'éléments folkloriques de lointaines origines païennes. Il est important cependant de faire attention aux dates des récits qui ressemblent le plus à la messe noire des satanistes. En fait, ils datent pour la plupart du XVII° siècle, alors que les messes noires étaient déjà apparues dans le milieu satanistes. Dès lors, certains affirment que le satanisme représente une évolution par rapport à la sorcellerie populaire. D'après leur thèse, c'est quand la sorcellerie contamine la bourgeoisie urbaine qu'elle devient satanisme. Mais peut-être est-ce le contraire qui s'est passé: ce serait la sorcellerie rurale qui se serait inspirée des "mages" urbains.
A partir de Pierre de LANCRE, délégué du roi Henri IV et magistrat civil, un pas est franchi, le passage du Sabbat à la messe noire, de la sorcellerie au satanisme. Nous pouvons faire un schéma comparatif:

Le Sabbat
----------
_D' origine paysanne
_Rite fragmentaire et sauvage
_Le but n'est que le Sabbat en lui-même
_A la fois répétition de gestes anciens et fête des fous

La messe noire
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_ Phénomène bourgeois et nobiliaire
_Respect un rituel rigoureusement établi
_Vise des fins matérielles bien précises
_Soutenue par une idéologie typique de la subculture occultistes

Mais qui dit possession ne dit pas sorcellerie. La possession diabolique est très ancienne et apparaît déjà dans les Actes ainsi que le mot "exorkistes", qui désigne ici des exorcistes ambulants qui essaient assez maladroitement de faire un usage magique(et non religieux du nom)de Jésus.
C'est vers la fin du XVI° siècle que les procès de possession s'ajoutent à la liste des procès de sorcellerie et les remplacent en partie. Le cycle des possessions et des possédées semblerait donc bien confirmer que la possession n'a pas grand chose à voir avec le satanisme. Il est certain que les spécialiste de la sorcellerie regardaient d'un air soupçonneux les procès de possédées et conseillaient l'exorcisme mais, très souvent, ils s'arrêtaient là.
Au XVI° siècle, il arrive cependant que la possédée ait entamé une carrière d'adoration du Démon. Mais cela relève de rares cas exceptionnels. A ce sujet on peut citer le cas de la religieuse Jeanne FERY, de Mons. Celle-ci aurait été "envoyée au diable"; par son père. Du fait de cette malédiction, le diable et des démons vinrent la tourmenter dès son plus jeune âge et à 4 ans accepte le diable pour père. S'ensuivirent moult pactes entre eux, sacrifices, adorations. Heureusement, l'enfant fut exorcisée et la possession cessa. De ce cas, on voit qu'alors la scène est occupée par deux acteurs:
_le diable
_la possédée.
Le lien possession - sorcellerie n'est pas encore fait ce schéma restera en vigueur jusqu'au XVII° siècle.
En résumant, tous ces matériaux ne peuvent être utilisés par le satanisme car il manque toujours la figure de l'agent Satan, le sataniste-mage ou sataniste-sorcier; A partir du cas des Ursulines de Aix - en - Provence en 1611, la scène change et entre la troisième personne:
_elle(la possédée)
_lui(le diable)
_et l'autre (le sataniste sorcier dont le maléfice rend une personne originellement innocente possédée.
Le sataniste alors est souvent l'homme consacré à Dieu qui renverse sa fonction, devenant un agent du Démon: le prêtre. La présence du troisième personnage, de ce sataniste non-possédé lui-même mais qui rend possédé semble, pour l'époque, une innovation mais, surtout, une innovation promise à un grand avenir. Car le lien entre sorcellerie et possession se nouait petit à petit.
Bien que certains théologien catholiques actuels, qui croient cependant en la possession, nourrissent des doutes sur le fait que le sataniste pourrait provoquer la possession d'une tierce personne grâce à un pacte, cette possibilité est toutefois admises par certains exorcistes contemporains. Cependant l'intervention du sataniste(souvent un prêtre alors) est très importante dans le cas de Loudun. A Loudun, les possédées furent des Ursulines et le coupable fut l'homme qui a pouvoir sur les femmes possédées, le prêtre. La différence avec l'épisode relatif à Jeanne FERY saute aux yeux: le pacte avec le diable, à Loudun, n'est pas signé par l'une des possédées mais par le troisième personne, le prêtre. Plus que du diable, on doit ici plutôt parles des diables. Si Jeanne FERY fut assaillie par un groupe de démons; à Loudun, ça devient une véritable légions. Nombreux furent les soeurs Ursulines possédées par des Séraphins, Puissances, Dominations, etc. Les exorcismes devinrent un spectacle grâce ou à cause de Loudun. Et si Loudun est un des cas les plus intéressants, c'est parce que le XVII° siècle va générer nombres de pamphlets sur le sujet. Un tel déluge de littérature ne pouvait pas ne pas pénétrer dans l'imaginaire populaire.

Le premier procès de satanisme.

Le procès LA VOISIN est le premier cas de satanisme au sens contemporain du terme, même si deux éléments majeurs du satanisme font encore défaut: _une organisation structurée et hiérarchisée;
_ une idéologie.
Avec le procès LA VOISIN on sort du cycle rural de la sorcellerie et du Sabbat. En effet, nous sommes à la cour de Louis XIV. La VOISIN tenait une officine de cosmétiques et de remèdes. Dans le contexte d'intérêt pour les sciences occultes de l'époque, il est normal que les courtisanes les plus proches du roi firent le succès de LA VOISIN. En effet, dans la réalité elle vendait aussi des poisons, effectuait des avortements(vu l'atmosphère de la cour) et faisait des prédictions astrologiques. Mais dès 1672-1673, on commence à soupçonner d'autres choses quant à son office. Elle s'était mise à vendre des objets religieux. Plus tard, voyant que ce trafic, en plus des poudres et onguents, hosties consacrées qu'elle vendait à prix forts ne menait à rien, elle et des complices organisèrent le premier cycle durable de modernes messes noires qui, hasard des choses, débuta en 1666. Dès lors, on se situe au-delà des cas de possessions car le but d'une assemblée sataniste n'est pas de faire posséder. Au contraire, on se fixe déjà comme objectif d'organiser régulièrement des liturgies sataniques. En outre, c'est dans le cas LA VOISIN que naît l'expression "messe noire" et l'idée de réciter à l'envers la messe catholique pour la transformer en messe démoniaque prend un caractère technique introuvable dans les cas précédents. Mais ce cas à aussi la particularité de se dérouler dans un contexte totalement non religieux. A l'époque fut mis sur pied la "Commission de l'Arsenal" par la police laïque. Dotée de pouvoirs extraordinaires, elle était dirigée par le préfet Nicolas DE LA REYNIE et était char gée d'enquêter sur les cas de sorcellerie sur le territoire français.

(1)Cas de possession où la victime est possédée à cause d'un maléfice lancé par un sorcier en contact avec le Démon.

(2)Désigne aussi les convents qui préservaient la connaissance des forces subtiles. Wicca ou wicce(racine anglosaxonne, signifiant "plié", "modelé") d'où witch. Car ces convents savaient comment plier les forces invisibles selon leur volonté. Witch Craft: La sorcellerie, appelée aussi Ancienne religion, par rapport au christianisme. La Wicca actuelle pourrait être la Nouvelle religion.
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# Postato sabato 04 giugno 2005 12:44

Modificato domenica 16 settembre 2007 23:47

Deuxième phase...

Deuxième phase...
4. Deuxième phase: Le satanisme classique(1821-1952).

4.1. Introduction.

La première phase voit réapparaître en France - précédée par une vague antisataniste qui fait suite à la Révolution française, que certains prenaient pour un complot des satanistes, et à la Restauration - des phénomènes qui avaient été observés au XVII° et XVIII° siècles mais qui avaient disparu sans laisser de traces marquantes. Dans les années 1870-1890, le satanisme devient petit à petit un mouvement social, petit et clandestin mais non insignifiant surtout en France et en Belgique. Cette phase du satanisme tourne autour de l'écrivain Joris-Karl HUYSMANS. Ce n'est pas un sataniste mais un romancier fasciné par cet univers. Son itinéraire permet de découvrir les rapports entre le satanisme et les deux culture dominantes de l'époque, la culture laïco-radicale et la culture catholique et permet de montrer les contradiction présentes tant dans le monde laïc et anticlérical que certaines franges mysticisantes de l'Eglise officielle.
La deuxième phase - celle où les vrai satanistes se retirent laissant a place à de vrais ou faux antisatanistes - tourne autour de la carrière de l'imposteur Léo TAXIL. Comprendre cette phase, c'est se demander quelles conditions permirent à un antisatanisme suspect et parfois ridicule d'être pris au sérieux jusque dans des milieux religieux et politiques au-dessus de tout soupçon.
La troisième phase commence avec la fin scandaleuse de la carrière de L. TAXIL en 1897. Puisque l'antisatanisme n'est plus respectable, on voit réapparaître des formes d'intérêt littéraire et artistique pour l'image du diable et pour des rituels comprenant quelques traces de satanisme qui s'étaient conservées dans la subculture occultiste. Un aspect intéressant est lié à la carrière magique d'Aleister CROWLEY. Il existe de bonnes raisons de croire que le célèbre occultiste anglais n'était pas un sataniste(au sens historique et sociologique, sinon au sens théologique, du terme), en dépit de tout un folklore contraire. Mais les on ne peut nier que CROWLEY a eu une influence décisive sur tous ceux qui, au XX° siècle, ont cherché à redécouvrir , sous une forme ou une autre, le satanisme. Il est très
différent du sataniste classique ne serait-ce qu'en raison de sa philosophie athée. Mais
son athéisme rempli de dieux ou de symboles offre des possibilités nouvelles au satanisme.
Ni CROWLEY ni son ami Gérald GARDNER - le fondateur de la néo-sorcellerie contemporaine - ne franchissent le pas qui mène de la subculture occultiste au satanisme. Cela dit, c'est dans le sillage de CROWLEY que l'on voit revenir un satanisme qui s'exprime d'abord dans la subculture artistique et littéraire. La fin tragique, en 1952, de PARSONS - personnage déjà très différent des satanistes du XIX° siècle - clôt l'époque "classique" du satanisme.

4.2 Une épidémie d'antisatanisme(1821-1870).

La Révolution française représente la fin d'un monde. A la "société simple", caractérisée par un consensus autour de la religion catholique succède la "société complexe", où les catholiques ne se sentent plus les seuls producteurs de culture, et où la culture catholique n'inspire plus, de toute façon, les institutions. Certains ont recours à la théologie ou à la métaphysique, interprétant la fin d'un monde comme la fin du monde. Satan revient en tant qu'acteur principal et cause occulte de la Révolution française. Mais il ne faut pas mélanger les auteurs catholiques qui parle de "magie noire" à propos de la Révolution sans faire de distinction entre causes premières et causes secondes, et les exaltées, selon lesquels une bande secrète de satanistes aurait dirigé les principaux événements de l'époque.
Parmi les premiers qui parlent de la Révolution française comme une oeuvre du Diable et un complot de satanistes, il faut mentionner le prêtre dijonnais J. B. FIARD(1736-1818). Il avait été un collaborateur estimé du "Journal Ecclésiastique". Les articles sur les satanistes et l'Illuminisme furent sous le titre "Lettres magiques" ou "Lettres sur le diable". En pleine tempête révolutionnaire, les "Lettres" connaîtront deux rééditions. En 1803, il publie son ouvrage principal, "La France trompée par les magiciens et démonolatres du XVIII° siècle, fait démontré par les faits". Il affirme que les prodiges des Illuminés et des magnétiseurs à la MESMER ne sont pas de causes naturelles. Leurs auteurs affirment qu'ils sont préternaturels; simplement ils ne sont pas causées par Dieu ou les anges mais par le Diable. A cela , il ajoute les ventriloques, les cartomanciens, les devins, etc. comme étant des satanistes. Mais ce ne sont pas seulement ces personnages qui font partie de la grande conspiration, il faut chercher plus haut, jusqu'à la Cour où la faiblesse de LOUIS XVI ne peut être expliquée que par un envoûtement. Comme de nombreux catholiques bouleversées par la Révolution, FIARD avoue son désarroi. Tout s'explique selon lui, si l'on considère la Révolution comme le fruit d'une conspiration de satanistes. Les dernières pages de l'ouvrage de FIARD sont apocalyptiques. FIARD, comme d'autres, annonce qu'il est le temps de l'existence de faiseurs de prodiges, des précurseurs de l'Antéchrist qui sera lui-même le plus grand des magiciens. Cette prophétie sur l'avènement de l'Antéchrist sera l'une des raisons de succès de l'ouvrage.
Un autre écrivain qui a marqué cette période fut A.-V.-C. BERBIGUIER(1746-1842). S'il est certain que FIARD eut des lecteurs qui l'appréciaient et des partisans, BERBIGUIER, en revanche, écrivit un livre en 1821 que très peu de gens approuvèrent mais que de nombreuses personnes ont lu. Son livre s'intitule "Les farfadets, ou tous les démons ne sont pas de l'autre monde. On sait qu'en français "farfadet" est synonyme de "lutin" mais pour lui, les farfadets sont "le corps secret d'élite" de Belzébuth. Dans son oeuvre, qui fait la bagatelle de 1500 pages au total, répartie sur 3 volumes, il est évident que les farfadets sont des hommes mais des hommes devenus des agents du Démon et des satanistes.L'ouvrage de BERBIGUIER s'ouvre sur une partie érudite, un "Discours préliminaire" qui semble avoir été écrit par F. V.; RASPAIL et J.-B.-P. BRUNET qui auraient corrigé le manuscrit de BERBIGUIER pour lui donner une forme littéraire et qui déclare que le monde est "inexplicable pour les hommes s'ils n'admettent l'existence de deux génies, celui du bien et celui du mal". Suivent un recueil de textes démonologiques anciens et modernes et certaines conclusions. Le premier tome est une sorte d'autobiographie de BERBIGUIER où il raconte ses tourments et les attaques qu'il subit de la part des farfadets. Il consulte un grand nombre de médecins et arrive finalement chez le fameux médecin P. PINEL(1745-1826) qui le soigne par des placebos et d'étranges cérémonies. Mais il finira par croire que tous les médecins sont des farfadets. Ensuite il se liera d'amitié pour un jeune moine défroqué, un certain Etienne PRIEUR, qui se moquera souvent de lui. Et BERBIGUIER continue sa lutte contre les farfadets.
Le deuxième et le troisième tome ne sont qu'en partie répétition du premier même s'il y a certaines fautes de chronologie. Le deuxième tome est plutôt consacré à une certaine hiérarchie démoniaque et à une répartition des pouvoirs maléfiques sur le monde. De plus, il y raconte les pouvoirs magiques des farfadets et les tours qu'ils jouent aux hommes. Ce deuxième tome met aussi en scène les pouvoirs polymorphes de ceux-ci; qu'il est normal d'écraser des animaux, tels les puces, chats, blattes, etc. car ils sont des farfadets potentiels.
Dans son troisième tome, il passe en revue l'histoire sainte démontrant que tous les ennemis du genre humain, depuis Caïn jusqu'aux responsable de la condamnation à mort de Jésus, sont des farfadets et des satanistes.
Enfin, dans ces deuxième et troisième tomes, BERBIGUIER ne se contente pas de raconter ses malheurs. Il répond et contre-attaque. Ils illustrent amplement les remèdes avec lesquels il se lance à l'assaut des farfadets et qui d'ailleurs sont efficaces et recherchés.
Aujourd'hui, certains avancent l'hypothèse que les farfadets ne sont que le produit d'une mystification due à RASPAIL et BRUNET. Quoi qu'il en soit, il est dérisoire de savoir si BERBIGUIER a été ou non l'auteur matériel des trois tomes de son livre, qui semblent quand même lui appartenir. En ce qui concerne leur influence, il est suffisant que les contemporains l'aient cru. Dans les milieux amateurs de sciences occultes et celui des satanistes, il n'y a pas d'unanimité pour soutenir que ce qu'il a écrit est sans fondement, au contraire. Tel est le cas d'un occultiste sérieux et fameux comme Stanislas de GUAITA(1861-1897), qui est aux origine de l'Ordre kabbalistique de la Rose+Croix. D'ailleurs, son livre "Le Temple de Satan" évoque longuement BERBIGUIER. Ce qui est étonnant selon lui, c'est que "ce maniaque sans lettres étranger aux théories scientifiques de la Kabbale ait eu l'intuition des véritables armes propres à dissoudre ces farfadets". Nous retrouvons ici l'étrange solidarité entre anti-occultiste et occultistes. A l'autre extrême, les anti-occultistes à la FIARD, les théoriciens du complot satanique ne pouvaient que tomber d'accord avec BERBIGUIER. Lorsque les antisatanistes sérieux voudront décrire les pratiques extraordinaires des satanistes, ils serviront de BERBI GUIER.
Egalement significatif est le traitement réservé à BERBIGUIER par Jules BOIS, ce journaliste passionnée de l'occulte. De GUAITA et BOIS n'étaient pas amis et se haïssaient mais leur interprétation de BERBIGUIER: le malheureux auteur des "Farfadets" était bien persécutés par des puissances occultes.
On le constate: le milieu occultistes - jusqu'en la personne de l'un de ses représentants comme BOIS, lu dans le monde catholique et qui a influencé ce monde - a continué, tout au long du XIX° siècle à prendre BERBIGUIER, d'un certain point de vue du moins, au sérieux.

# Postato sabato 04 giugno 2005 13:02

Modificato mercoledì 08 giugno 2005 12:29

Deuxième phase(suite 1/10) - de Mirville...

Deuxième phase(suite 1/10) - de Mirville...
4.3. Première attaque antisataniste: Eude de Mirville, Gougenot, Bizouard.

S'inspirer d'un BERBIGUIER, et même d'un FIARD, c'était, pour les catholiques, courir le risque de se couvrir de ridicule. La seule façon d'aborder le sujet comme il convenait consistait à dépasser en érudition les occultistes aussi bien que les sceptiques.
C'est d'Allemagne, dans les années 1836-1842, que vient l'exemple de premier croyant prêt à relever le défi. Johann Joseph von GORRES(1776-1848) publie durant cette période "La Mystique divine, naturelle et diabolique". Le succès de GORRES dans les milieux catholiques fut pour le moins ambigu. D'un côté, on reconnaissait son érudition exceptionnelle. De l'autre, on se méfiait de sa réticence à attribuer certains phénomènes au Démon anis que son recours au magnétisme pour expliquer certains incidents. Le magnétisme, en effet était fortement soupçonné de faire partie à son tour de la sphère du diabolique.
La première offensive catholique française pour démontrer qu'il y avait quelque chose de vrai dans les théories du complot satanique et pour réviser les théories de GORRES avait été lancée par le marquis Eude de MIRVILLE(1802-1873) qui avait commencé à publier, en 1853, avec un volume sur les esprits et leurs manifestations, sa monumentale "Pneumatologie, en 10 tomes. Naturellement, entre l'époque de GORRES et celle de MIRVILLE quelque chose s'était passé: la mode du spiritisme s'était répandue en France.
Le marquis de MIRVILLE retrace donc l'histoire des apparitions d'esprits sur 25 siècles pour montrer à ses lecteurs que si de nombreux cas s'expliquent par la tromperie et par des raisons naturelles, d'autres, quels que soient les efforts du rationaliste, se s'expliquent en aucune façon. Il faut donc en conclure qu'ils sont l'oeuvre du Démon.
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# Postato sabato 04 giugno 2005 13:07

Modificato lunedì 06 giugno 2005 07:42