S'inspirer d'un BERBIGUIER, et même d'un FIARD, c'était, pour les catholiques, courir le risque de se couvrir de ridicule. La seule façon d'aborder le sujet comme il convenait consistait à dépasser en érudition les occultistes aussi bien que les sceptiques.
C'est d'Allemagne, dans les années 1836-1842, que vient l'exemple de premier croyant prêt à relever le défi. Johann Joseph von GORRES(1776-1848) publie durant cette période "La Mystique divine, naturelle et diabolique". Le succès de GORRES dans les milieux catholiques fut pour le moins ambigu. D'un côté, on reconnaissait son érudition exceptionnelle. De l'autre, on se méfiait de sa réticence à attribuer certains phénomènes au Démon anis que son recours au magnétisme pour expliquer certains incidents. Le magnétisme, en effet était fortement soupçonné de faire partie à son tour de la sphère du diabolique.
La première offensive catholique française pour démontrer qu'il y avait quelque chose de vrai dans les théories du complot satanique et pour réviser les théories de GORRES avait été lancée par le marquis Eude de MIRVILLE(1802-1873) qui avait commencé à publier, en 1853, avec un volume sur les esprits et leurs manifestations, sa monumentale "Pneumatologie, en 10 tomes. Naturellement, entre l'époque de GORRES et celle de MIRVILLE quelque chose s'était passé: la mode du spiritisme s'était répandue en France.
Le marquis de MIRVILLE retrace donc l'histoire des apparitions d'esprits sur 25 siècles pour montrer à ses lecteurs que si de nombreux cas s'expliquent par la tromperie et par des raisons naturelles, d'autres, quels que soient les efforts du rationaliste, se s'expliquent en aucune façon. Il faut donc en conclure qu'ils sont l'oeuvre du Démon.
