Deuxième phase (suite 7/10) - Jules Bois...

Deuxième phase (suite 7/10) - Jules Bois...
Jules Bois.
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La deuxième source d'information sur le satanisme caché dans les recoins du milieu occultiste de la fin du XIX° siècle est le journaliste Jules BOIS(1868-1943). A l'âge de vingt-deux, il publie une étude initiatique sur le symbolisme de Satan. Conférencier rétribué et apprécié, il aborde devant ses auditoires des sujets ésotériques et se lance dans le journalisme. En 1891-1892, il s'immerge dans le milieu de l'occultisme parisien. Les personnages qu'ils fréquentent semblent perpétuellement tiraillés entre catholicisme et "magisme" comme on dit alors: d'un côté, ils proclament leur fidélité à l'Eglise, de l'autre ils sont fascinés par des thèses hétérodoxes comme celles de VINTRAS. Dans le milieu des ésotéristes "catholiques", la figure de proue est alors Joséphin PELADAN que BOIS cherche à discréditer. Mais ne se contente pas des amis de PELADAN comme familiers, il connaît et fréquente les occultistes de toute l'Europe, y compris les Anglais de la Golden Dawn.
Vers 1895, BOIS publie son travail le plus ambitieux sur les satanistes, "Le Satanisme et la Magie". Dans ce livre, il révèle "tout ce qu'il sait" comme, par exemple, la raison des/ vols d'hosties qui se propagent partout en Europe. Mais cela, du reste, n'est qu'une simple preuve du satanisme à l'usage des sceptiques. Car HUYSMANS et BOIS savent par expérience directe que les satanistes existent. Mieux, ils savent qu'il existe deux types de sectaires:

_ les lucifériens, qui croient que le Démon est bon mais que HUYSMANS traite de façon très circonspecte

_ les sataniques.

Ces derniers savent parfaitement que Lucifer que Satan, est l'Archange proscrit, le grand tenancier du Mal et que c'est en connaissance de cause qu'ils pactisent avec lui et l'adorent.
Le livre de BOIS, selon HUYSMANS, "est certainement le plus complet, le plus renseigné que l'on ait écrit sur l'au-delà du Mal".
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# Posté le samedi 04 juin 2005 15:55

Modifié le lundi 06 juin 2005 07:40

Deuxième phase (suite 8/10) - Julie Thibaut et Huysmans...

Deuxième phase (suite 8/10) - Julie Thibaut et Huysmans...
Julie Thibault
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Il faut recourir au témoignage du BOIS pour évoquer une étrange ennemie des satanistes, la vieille Julie Thibault. Elle avait en effet le don de discerner une attaque à distance. Elle veillait sur son maître BOULLAN. A un moment de sa tumultueuse carrière, "Maman" THIBAULT vécut à Paris comme magicienne et protectrice personnelle contre les satanistes d'un des plus grands romanciers de l'époque, Joris-Karl HUYSMANS(1848-1907). Elle pratiquait un "culte hérétique" au domicile de HUYSMANS. Ces cérémonies se poursuivirent jusqu'en 1898. Par après, HUYSMANS se mit à la déconsidérer. Pourquoi avait-il besoin d'elle? Pour le savoir, il faut retracer sa carrière durant la décennie précédant l'arrivée de Julie THIBAULT à Paris.

Huysmans.
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Très jeune, HUYSMANS était entré comme employé au ministère de l'Intérieur et s'était lancé dans la littérature. De 1876 à 1884, le patriarche du naturalisme, Emile ZOLA le considère comme l'un des ses disciples les plus prometteurs. En 1884, il rompt avec ZOLA et publie un des manifestes du décadentisme, "A rebours" tout en se liant d'amitié avec le catholique Léon BLOY. Mais HUYSMANS reste déchiré et inquiet, il pense, un temps, à l'occultisme et au spiritisme. Il fréquente le cercle de PAPUS, fait la connaissance de Stanislas de GUAITA et de Jules BOIS. Le passage du spiritisme à l'occultisme, phénomène prévisible chez un homme avide de toutes les expériences, remonte à 1889. Ce sera Berthe COURRIERE(1852-1917), dame patronnesse de l'église de St-Thomas d'Aquin qui le guide dans une série de recherches sur les côtés les obscurs de l'occultisme. Au début des années 1890, il pensait déjà depuis plusieurs mois à un roman sur le satanisme et avait pour cela pris contact avec BOULLAN. Le pire ennemi de BOULLAN, de GUAITA avait accepté de lui donner l'adresse privée du prêtre lyonnais. Oswald WIRTH se rendit au domicile de HUYSMANS pour le mettre en garde contre BOULLAN. Mais à ce moment-là, l'écrivain se savait pas avec certitudes si BOULLAN était un complice ou un ennemi des satanistes. Quoi qu'il en soit, après avoir échangé quelques courriers, HUYSMANS abandonne le milieu des cercles occultistes parisiens et se rang du côté de BOULLAN.
En février 1891, "Là-bas" commence à paraître en feuilleton dans "L'Echo de Paris". Toutefois, ce qui nous importe ici, ce n'est pas sa valeur en tant que roman mais bien sa valeur en tant que document sur le satanisme. Les sources de HUYSMANS sont essentiellement de quatre ordres:
_ Premièrement, en tant que fonctionnaire du ministère de l'Intérieur, il avait accès aux archives de police
et recueillit donc minutieusement tout ce qui se rapportait à des cas de satanisme et de messes noires.
_ Deuxièmement, avant la rédaction finale du roman, il s'était rendu à Lyon et avait pu inspecter les
archives de VINTRAS et de BOULLAN.
_ Une troisième source est constituée par les enquêtes de Jules BOIS.
_ La dernières source, la plus controversée aussi, est Berthe COURRIERE.
Dans "Là-bas", HUYSMANS expose une messe noire typique, inspirée de ses sources, mais le un des héros, DOCRE, remplace les paroles habituelles par d'authentiques formules sataniques. Cette messe noire littéraire de HUYSMANS est assurément devenue vraie, puisque, tout au long du XX° siècle, de nombreux groupes satanistes l'ont prise comme modèle et l'ont reproduite. Mais était-elle vraie au moment où il l'a écrite? Un ami de BOIS et de DE GUAITA a estimé que le romancier était de bonne foi mais qu'il avait été trompé par BOULLAN. D'autres ont affirmé de la manière la plus ferme que HUYSMANS leur avait dit avoir assisté à une messe noire. Cela ne signifie pas pour autant que la messe noire de "Là-bas" dérive seulement de l'expérience de HUYSMANS. Donc, il est impossible de savoir si, en compagnie de Berthe COURRIERE ou d'autres personnes, le romancier a personnellement assisté à la messe noire qu'il a décrit.. Il faut admette qu'il l'a décrite de manière plausible et que, de plus, elle est conforme à la tradition du satanisme qui la précède(depuis le procès LA VOISIN) et du satanisme qui la suivra.
Durant l'été 1894, lors d'un autre voyage à Lyon, HUYSMANS put examiner toutes les archives de BOULLAN et "ce qu'il vit le bouleversa". Il eut la confirmation que BOULLAN pratiquait des rites sexuels et que les accusations de WRITH étaient exactes. Dès lors, il changea d'opinion et il considéra BOULLAN comme un sataniste, tout en distinguant le "satanisme" de BOULLAN, inconscient mais non moins dangereux, du satanisme conscient et lucidement pratiqué. C'est pour cela qu'il se convertira et même, il entraînera des conversions.
Un homme en revanche doutera jusqu'au bout de sa conversion: l'écrivain catholique Léon BLOY. Mais il répugnait à s'approcher de l'occultisme et n'était pas un expert en satanisme. Il y avait aussi un point où il avait tort: Il jugeait les satanistes que BLOY décrit dans "Là-bas" peu crédibles parce qu'ils avaient les mêmes croyances - au sujet de l'existence du diable - que les catholiques, à ceci près qu'ils inversent ces rites. Or le vrai sataniste, c'est précisément celui qui croit dans le diable de la Bible et qui a décidé de se ranger de son côté. On relève, à partir du milieu du XIX° siècle, toute une série d'indices convergents vers ces activités de vrais satanistes de ce genre.
On a choisi HUYSMANS comme personnage central parce que c'est lui qui met sur le devant de la scène la question du satanisme, et parce que c'est autour de lui que se déroulent les principaux épisodes de l'époque. Il y a des indices qui permettent de dire quelque chose d'un monde souterrain qui demeure clandestin et obscur. C'est cette obscurité même qui permet de laisser penser qu'on est alors en présence de satanistes. Inversement, ceux qui se proposeront, après "Là-bas", d'établir une hiérarchie complète des satanistes, de fournir des noms et des circonstances, de ceux-là, on peut dire qu'il s'agit d'imposteurs et non de témoins authentiques.

# Posté le samedi 04 juin 2005 16:06

Modifié le lundi 06 juin 2005 07:40

Deuxième phase (suite 9/10) - La mystification de Léo Taxil...

Deuxième phase (suite 9/10) - La mystification de Léo Taxil...
4.5. La mystification de Léo Taxil.

L'année 1891 avait été marqué par la parution du "Temple de Satan&" de Stanislas DE GUAITA, livre qui démasquait les rites de BOULLAN, de "Là-bas" de HUYSMANS. Mais il n'était pas dit que le public parisien s'était déjà rassasié de révélations sur le satanisme: en effet, à la fin de l'année suivante, en décembre 1892, un ouvrage extraordinaire, qui devait compter, pour finir, près de deux mille pages, commença à paraître sous forme de fascicules mensuels. Son titre - tout un programme - n'était rien moins que "Le Diable au XIX° siècle, ou les mystères du spiritisme, la franc-maçonnerie luciférienne, révélations complètes sur le Palladisme, la théurgie, la goétie, et tout le satanisme moderne, magnétisme occulte, pseudo-spirites et vocates procédants, les médiums lucifériens, la Cabale fin-de-siècle, magie de la Rose-Croix, les possessions à l'état latent, les précurseurs de l'Antéchrist. Récit d'un témoin". Son auteur: un certain "Dr Bataille". Bon catholique, il avait décidé de devenir "l'explorateur, et non le complice du satanisme moderne" en s'infiltrant dans les sociétés sataniques. Ses premières expériences eurent lieu à Ceylan où, reconnu comme maçon, il est introduit dans le sanctuaire souterrain des fakirs lucifériens. Son voyage continuant, il découvre que toutes les sociétés orientales sont dirigées dans l 'ombre par les initiés de la "Haute Maçonnerie", le Palladisme Luciférien. L'un des grands chefs palladistes commence à entrer en scène: l'ex-pasteur WALDER. Mais ce que l'on retiendra de lui ici sera sa fille, Sophie, prêtresse luciférienne.
Jusque-là, en pleine année 1892, le lecteur des fascicules de BATAILLE pouvait encore avoir des doutes sur l'association entre les diableries orientales et la franc-maçonnerie française. Cependant, un autre fascicule va bientôt fournir toutes les réponses. Le Dr BATAILLE distingue entre satanistes et lucifériens. Les uns et les autres adorent le diable et manifestent une haine implacable envers Dieu. Mais à la différence des satanistes, les lucifériens sont convaincus que le diable est le "Dieu bon" qui tout simplement n'a pas eu bonne presse dans la Bible, écrit à la demande de son adversaire Adonaï, "l'autre" Dieu. BATAILLE affirme d'ailleurs avoir eu des information sûres. Il s'est rendu personnellement à Charleston où il a rencontré Albert PIKE, l'antipape luciférien. Quant au Palladisme, explique-t-il, il n'a pas toujours existé. Il a été fondé le 20 septembre 1870, jour de la prise de Rome et de la fin du pouvoir temporel des Papes. On ne peut donc pas ne pas douter que le Palladisme a été fondé et mis en oeuvre pour prépare le règne de l'Antéchrist. Toutefois, il ne faut pas confondre le Palladisme, qui est le culte de Satan, et la "Haute Maçonnerie", structure qui se tient derrière les loges maçonniques courantes.
Il faut préciser que les matériaux du Dr BATAILLE n'ont pas toujours été aussi nouveaux. Pour remplir ses milliers de pages, il a pillé la littérature démonologique ancienne et récente. Il revient sur LOUDUN, sur MIRVILLE et BIZOUARD par exemple. Mais on aurait tort de négliger la partie du "Diable" consacrée au possession car c'est ici que vient le personnage central, dont les vicissitudes passionneront les catholiques et les anticléricaux durant les cinq années à venir: Diana VAUGHAN.
Elle fut initié au Palladisme en 1883 par son père et à 20 ans elle est déjà "Compagne et Maîtresse" et en 1884 elle passe sous la protection d'un démon au cours d'une cabale théurgiste. Naturellement, les lecteurs des fascicules veulent s'intéresser à des choses mieux que cela et ne sont pas crédules. La question n'est pas là. Lors de son ordination de "Maîtresse Templière" se passe le heurt inévitable entre elle et l'autre "star" du Palladisme, Sophie WALDER. A partir de ce moment-là, les deux femmes n'auront de cesse de s'éviter et de se narguer.

La suite sort du contexte de ce travail donc on n'en fera pas grande question.
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# Posté le samedi 04 juin 2005 16:19

Modifié le lundi 06 juin 2005 07:39

Deuxième phase (suite 10/10) - Léo Taxil...

Le contexte et les conséquence du "Diable au XIX° siècle".

Il fut publié de 1892 à 1894. A partir d'un numéro "spécimen" de décembre 1893, le "Dr BATAILLE" publie aussi la "Revue mensuelle Religieuse, Politique, Scientifique, complément de la publication(Le Diable au XIX° siècle), en tant qu' "organe de combat contre la Haute Maçonnerie et le satanisme contemporain". Elle avait été précédée d'une autre publication qui donnait des informations sur VAUGHAN, WALDER, les francs-maçons du monde entier, le satanisme etc. Ces publications rassemblées le Dr BATAILLE frôle les cinq mille pages.
D'où venaient ses sources?Il est certain que tous les mystificateurs on besoin de sources, surtout quand ils doivent noircir autant de pages. On a peu d'information sur la personnalité du Dr Charles HACKS, généralement mentionné à propos de l'affaire TAXIL. Ce docteur avait de bonnes raisons de ne pas se faire connaître et pour la bonne raison qu'il était le Dr BATAILLE! De plus, en cette même année 1892, il publiait un ouvrage libre-penseur sur le thème de la mort de Dieu: "Dieu l'immortel est mort encore une fois". Ces maigres informations sur le Dr HACKS-BATAILLE ne nous disent pas grand-chose sur la genèse du "Diable", qui doit être replacée dans son contexte plus large. On a vu que l'école de MIRVILLE, GOUGENOT et BIZOUARD avait commencé dans les années 1850 et 1860, avait commencé à s'intéresser au thème du satanisme, et qu'elle avait fait allusion à un possible lien entre satanisme et sociétés secrètes. De plus, la virulence anticléricale avait atteint u point aujourd'hui inimaginable. A cela, on peut aissi ajouter un antisémitisme latent amis fortement présent. Où l'on veut en venir c'est que vers 1890, il se créera 4 écoles diférentes d'anti-maçonnisme, qui réagiront différemment à la parution du "Diable:
_ Il y eut d'abord une école antimaçonnique laïque antijudaïque voir ouvertement antisémite dirigée par
Edouard DRUMONT(1844-1917).
_ Dans le monde anticatholique, la critique de la maçonnerie part de la doctrine et voit dans les position
politiques défendues par la maçonnerie une conséquence inévitable des présupposés doctrinaux. On
peut donc parler de contre-maçonnisme plutôt que d'antimaçonnisme.
_ Par opposition à la tendance philosophique, un autre courant du contre-maçonnisme est nettement
"diabolisateur"
_ Au sein même du contre-maçonnisme catholique qui adopte une interprétation diabolisatrice de la
maçonnerie, un autre courant préoccupé par la possibilité de glissement vers l'antisémitisme, cherche
à prendre ses distances avec l'antijudaïsme.
C'est sur ces courants que s'abattront, à partir de 1885, les révélations d'un franc-maçon et polémiste anticlérical: Léo TAXIL.

Léo Taxil.
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Léo TAXIL est le pseudonyme de Marie-Joseph-Antoine-Gabriel-Jogan-Pagès(1854-1907). Très tôt, il se situe politiquement. A la fin de l'année 1870, il crée un journal satirique violemment anticlérical, "La Marotte" qui sera interdit en 1872 quand il subira le premier d'une série de nombreux procès. C'est au moment de fonder le journal qu'il prend ce pseudonyme. Durant les années à venir, les journaux anticléricaux qu'il fondera se succèdent. En septembre 1878, accompagné de son épouse, il s'installe à Paris faisant "voeu de se consacrer spécialement aux attaques contre l'Eglise". Pour se protéger, il avait attrapé la manie des pseudonymes et, de ce fait il est impossible de connaître exactement l'étendue de ses écrits.
En 1880, il s'affilie à la franc-maçonnerie auprès d'une loge parisienne, "Le Temple des Amis de l'Honneur Français". Mais de par ses positions morales, ses bons rapports avec la franc-maçonnerie ne dureront que quelques mois. Quelques mois plus tard, il commence à rencontrer secrètement des membres du clergé catholique et, le 23 avril 1885, il se convertit. Cela dit, les milieux mêmes de la nonciature apostolique l'ont incité à poursuivre sa carrière journalistique, cette fois au service de l'Eglise, en révélant tout ce qu'il sait de la conspiration maçonnique.
En quelque mois donc, TAXIL met à la disposition des catholiques un arsenal antimaçonnique complet. Grâce à ses révélations, TAXIL est favorablement accueilli dans le milieu catholique.
En 1907, il se penche sur la question du Palladisme et un an plus tard il décide de souligner presque exclusivement le caractère satanique de la franc-maçonnerie et d'expliquer aux catholiques de France qu'il existe une Haute Maçonnerie liée au Palladisme, où Lucifer est adoré et invoqué. Selon lui, le Palladisme se cache derrière la franc-maçonnerie ordinaire et serait dirigé à l'échelle mondiale par Albert PIKE. Dans ses écrits, il décrit une femme que l'on reconnaît comme Sophie WALDER, qu'il présent comme chef secret de la franc-maçonnerie française. ce n'est pas étonnant. En 1891-1892, il avait pris contact avec un de ses vieux amis qui connaissait bien le Grand Orient...Charles HACKS alias le Dr BATAILLE!
Dès 1893, les représentants les plus illustre du contre-maçonnisme philosophique lancent une campagne contre TAXIL. Il se défendra en les accusant d'être des francs-maçons infiltrés dans l'Eglise. Il usera souvent de ce stratagème plus tard. Mais il subira d'autres attaques, qui le tiennent pour un faussaire et un menteur. Pour se protéger, il sortira l'un de ses plus sérieux arguments: Diana VAUGHAN, qui fera paraître "Le Palladium régénéré et Libre, lien des groupes lucifériens indépendants". Cette revue se voulait l'organe des vrais lucifériens hostiles aux pseudos-lucifériens qui sont, eux, des satanistes. La revue ira plus loin même, que le "Diable".Elle révèle toute l'éducation luciférienne de VAUGHAN. Mais VAUGHAN est engagée dans un combat bien plus mortel contre des ennemis bien pire que n'est Sophie WALDER. Ces ennemis accusent Diana VAUGHAN de ne pas exister et de n'être qu'un autre des pseudonymes de TAXIL. Dans les journaux catholiques du monde entier on débat de la question de son existence.Le Congrès de Trente avait même désigné une commission chargée de trancher sur la question. A la fin de janvier 1897, elle déclara n'avoir pu "recueillir à ce jour aucun argument péremptoire soit contre l'existence, la conversion, l'authenticité des écrit de la prétendue Diana VAUGHAN."

La vérité sur l'affaire.
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Pressé de livrer sur toute cette affaire, TAXIL organise une conférence dans la soirée du 19 avril 1897. C'est la révélation: "Il n'y a pas eu, le moins du monde, un catholique se dévouant et explorant sous un faux nez la Haute Maçonnerie. Mais par contre, il y a eu un libre-penseur qui, pour son édification personnelle, nullement par hostilité, est venu flâner dans votre camp: et... c'est votre serviteur." La vérité était là. En une soirée, TAXIL met l'existence du Palladisme à néant.
A près sa fausse conversion, il fut reçu par le Pape Léon XIII et enhardi par son succès grandissant, il créa la mystification la plus grosse. l'invention du Palladisme, qu'il créa de toutes pièces, avec l'aide du Dr HACKS et d'une dactylographe, Diana VAUGHAN.
Il y eut, selon lui, deux sortes de mythifiés: les uns, "les bons abbés et religieux qui ont admiré Diana VAUGHAN comme une Soeur luciférienne convertie", les autres, Rome, qui devait savoir qu'il s'agissait d'une mystification mais qui a pensé pouvoir la piloter et ma contrôler pour attiser la campagne antimaçonnique.
Après cela, le visage antimaçonnique changea de visage. L'affaire continua, sans l'importance d'avant. Il y eut, suite à ces révélation trois séries de séquelle. Une première série se rapporte à la fin de la carrière de TAXIL. Il continua à prospérer, sous de nouveaux pseudonymes, dans la littérature anticlérical; Il mourut, pratiquement, oublié, à Sceaux, l 31 mars 1907. Quant à HACKS, malgré les recherches des historiens, il ne laisse aucune trace et disparaît complètement.
Une deuxième série concerne les rapport entre l'Eglise et la franc-maçonnerie en France. La troisième se rapporte, à l'existence ou non de Diana VAUGHAN. Clarin de la RIVE enquête quelques mois durant après les révélations de TAXIL. La controverse n'était pas encore terminée. De nombreux catholiques, vu du côté de francs-maçons, n'auraient pas apprécié de s'être fait duper et auraient continué à courir après ce personnage énigmatique. De la RIVE avança, sur base d'un document non authentifié, qu'il; s'agissait probablement d'une inconnue instable qui aurait été manipulée par TAXIL.

Les textes de Taxil, Vaughan, Bataille sont-ils crédibles?
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Il ne fait aucun doute qu'il s'agit d'une mystification. En revanche, on ne peut pas dire que tout ce que contient cette littérature est faux. Il se peut également que certain épisodes vrais ont été mêlés à d'autre, faux, pour brouiller les pistes de future chercheurs.

Le Palladisme a-t-il existé?
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Il faut distinguer entre l'existence d'un Ordre occulte appelé Palladium ou Palladisme avant, pendant et après l'affaire TAXIL.
Avant l'affaire, il a existé un Ordre du Palladium, fondé en 1737 et qui n'était assurément pas sataniste. Cet ordre, de plus, n'existait plus en 1890.
Durant, l'affaire, le Palladisme n'existe qu'au travers des écrits de TAXIL, HACKS et VAUGHAN. Selon eux, il s'agit d'un ordre luciférien qui a la main haute sur la franc-maçonnerie mondiale.
Après l'affaire naquirent des groupes palladistes, qui reproduisaient les rituels décrits dans le "Diable" et les publications de VAUGHAN.

Diana Vaughan a-t-elle existé?
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Clarin de la Rive et un franc-maçon, WAITE, qui s'est largement intéressé à l'affaire étaient d'accord que l'histoire de la dactylo de Paris n'était pas crédible; ils penchaient pour l'idée que TAXIL aurait abusé d'une instable qui était affecté d'un désir de grandeur. Ce qui est sûr, c'est que TAXIL devait se servir d'une femme puisqu'il fut en mesure de la présenter devant plusieurs témoins insoupçonnables. D'où accorder foi à l'histoire de VAUGHAN en général revient à croire en l'existence d'un Palladisme luciférien dan les années 1870-1890.

Conclusion sur l'affaire.
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TAXIL a accompli un vrai miracle: faire naître un satanisme du type de celui décrit dans ses livres, qui n'avait jamais existé avant qu'il en parlât mais qui avait été organisé plus tard par ses lecteurs enthousiastes.
On le voit, l'affaire BATAILLE-TAXIL-VAUGHAN est l'épisode le plus important d'antisatanisme des deux derniers siècles. En réalité, elle ne nous apprend pas grand-chose sur les antisatanistes, dont le succès est toujours possible dans une période de crise et de divisions, quand l'antisatanisme fait émerger les contradictions tant au sain d'un monde religieux qui manque parfois de lucidité dans l'identification des adversaires, qu'au sein d'un monde laïque et laïciste incapable de régler ses propres comptes avec l'aspect irrationaliste et magique de l'irreligion.
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# Posté le dimanche 05 juin 2005 04:22

Modifié le lundi 06 juin 2005 07:39

Troisième phase : Le satanisme contemporain - Anton Szandor LaVey...

Troisième phase : Le satanisme contemporain - Anton Szandor LaVey...
5. Le satanisme contemporain(1952-1996).

5.1 Les origines du satanisme contemporain(1952-1980).

Anton LaVey et l'Eglise de Satan.

"Quand il est question d'Anton LAVEY, il y a trois possibilités. La plus probable c'est que ce soit un faussaire complet. Il est possible aussi qu'il soit un psychotique tourmenté par de grandes illusions. La possibilité la plus inquiétante , toutefois, c'est qu'il soit vraiment le diable incarné - peut-être même sans le savoir." Larry WRIGHT, dans un article du New Yorker. Ce jugement montre bien l'ambiguïté de LAVEY. Car celui-ci, avec peut-être une seule exception, est à l'origine de tout le satanisme contemporain. En Europe comme aux Etats-Unis, les revendications d'origine reculée - XIX° siècle ou carrément le Moyen-Age - par des groupes satanistes, sont totalement mythiques, privées de bases réelles. En fait, aucun des groupes existant aujourd'hui n'existerait sans LAVEY. Cette circonstance doit être reconnue, avant même que l'on se demande si le personnage, effectivement, relève du bluff colossal.

Anton LaVey.
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Les biographies officielle font naître un "Anton SZANDOR LAVEY" le 11 avril 1930 à Chicago. Certain biographes avancent qu'il serait né avec une curieuse anomalie: il aurait eu, jusqu'à l'âge de 12 ans, une vertèbre en trop qui formait une petite queue. Il est bien possibles qu'il s'agit qu'une pièce de plus dans la construction de son mythe. Jeune, il manifesta un vif intérêt pour les films fantastiques ou d'horreurs allemands. Après la Seconde Guerre mondiale, sa vie est encore plus controversée. Il entra dans un carnival, sorte de carnaval pour adulte avec strip-teases et danseuse. Il joua aussi au San Francisco Ballet Orchestra et deux ans plus tard il rejoignait le célèbre cirque de Clyde BEATTY comme dompteur puis comme musicien. Même les adversaires de LAVEY reconnaissent ses dons hors du commun pour amadouer les bêtes féroces. Il aurait aussi connu une jeune strip-teaseuse promise à un brillant avenir, Marilyn MONROE. Il fit partie aussi de la police de San Francisco pour photographier les cadavres. Mais tout cela est à prendre avec précaution et recul car ces informations sur sa vie sont incertaines. Quoi qu'il en fut, il gagnait suffisamment d'argent puisqu'en 1956 il put acheter la célèbre maison sise au 6114 de California Street qu'il fit peindre entièrement en noir et qui devint plus tard l'Eglise de Satan.
Les origines de sa carrière magique sont encore plus difficile à reconstituer. L'influence de CROWLEY est évident e dans les écrits de LAVEY. Dans les années cinquante, il n'est encore qu'un excentrique. Il collectionne des instrument de tortures, des livres d'horreur et la magie n'est qu'une composante de cette collection. Vers 1960, il se met à organiser des conférence accompagnées de projections sur des thèmes tels que les spectres, les vampires, les méthodes de tortures, le cannibalisme... De 1960 à 1965, ces réunions attirent un public d'habitués dont un certain Kenneth ANGER(pseudonyme de Kenneth William ANGLEMEYER), célébrité d'Hollywood. Avec LAVEY, il réalisera quelques petits films mais de leur lien, on retiendra la fondation de deux initiatives: le Cercle magique(1961) et l'Eglise de Satan(1966). Le Cercle Magique était formé des habitués des conférences et était basé sur l'idée de pratiquer des rituels. Les amis de LAVEY reconnaissent que "de tous les membres du Cercle Magique Kenneth ANGER fut le plus important" ANGER en effet était l'un des meilleurs connaisseur de CROWLEY aux Etats-Unis. Il n'est pas étonnant que le Cercle Magique constitua le noyau de ce qui allait devenir peu après l'Eglise de Satan. Celle-ci fut fondée le 30 avril 1966, la nuit de Walpurgis. En octobre, l'Eglise de Satan recruta son adepte la plus célèbre l'actrice Jayne MANSFIELD. Si LAVEY fit parler d'elle à l'époque, le contraire existe aussi. Il est en effet impossible de réduire l'Eglise de Satan à une création de ANGER. LAVEY y apportait ce qu'ANGER n'aurait jamais pu lui apporter. Il offrait son apparence et était prêt à se déguiser en diable de convention, avec des cornes et la queue pour attire la presse. Et même s'il n'avait aucune connaissance ésotérique en 1966, il avait lu, énormément. Ensuite, il s'était intéressé à des théories politiques peu conventionnelles comme l'extrémisme de droite. Mais l'une des influences les plus profondes de KAVEY fut Ayn RAND(pseudonyme d'Alice ROSENBAUM) qui lui inspira son "culte de l'homme" après la lecture de "The Fountainhead. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les écrits de RAND étaient tout ce qu'il y a de plus athées car, pour elle, la religion "dégrade l'homme", n'est qu'une "forme de philosophie primitive" et voyait le culte de l'homme comme "moyen de racheter le plus haut niveau des émotions humaines de la boue du mysticisme et les diriger vers leur objet propre." De cela, LAVEY édifia les "neufs affirmations sataniques" le credo de son Eglise.(1).
Vers 1967 se célébrèrent les premiers mariages et baptêmes de fidèles satanistes. Il va sans dire que tout cela, augmenté des protestation des catholiques, fit une énorme publicité pour LAVEY est ses adeptes. Un an plus tard, les rituels de l'Eglise de Satan furent élaborés. La messe noire ainsi que d'autres furent publiés - sous une forme épurée pour ne pas choquer. Pour les créer, les adeptes s'inspirèrent du contexte anticatholique de HUYSMANS et des pratiques de CROWLEY. Le but de ce rituels n'était pas de vénérer Satan comme personnage réel mais de mettre en scène un "psychodrame""; destiné à libérer les chrétiens et en particulier les catholiques de leur endoctrinement passé à travers une thérapie de choc. Cela dit, certains comme Michael - un adepte de l'Eglise - AQUINO étaient persuadés que la barrière de rationalisme et d'athéisme servait à défendre le "secret central" de l'Eglise de Satan.
En 1970 parut "The Satanic Bible", où il y est très peu question de magie et d'ésotérisme mais beaucoup question d'une certaine vision du monde, où LAVEY exalte l'égoïsme, l'orgueil du fort, la libération des religions et des morales. Parallèlement à cela, sort "The Cloven Hoof", la revue interne de l'Eglise qui s'intéressait aux divinités antiques et à la magie. AQUINO contribua pour ce qui est des sources en offrant à LAVEY le "Diabolicon". Durant ces années, l'institution fondée par LAVEY vivait dans une certaine ambiguïté, entre la vénération de Satan comme "être doué de conscience" et une forme d'athéisme s'inspirant en même temps, et contradictoirement, de CROWLEY et de RAND. Jusqu'en '75, cette tension allait se révéler créatrice, puis allait déboucher, en cette même, année, sur le schisme le plus grave dans l'histoire de l'Eglise de Satan.
Vers la fin des années septante, AQUINO et un ancien de la Wicca fondent la première "grotte" de l'Eglise à Louisville. Au sein du système des grottes, les membres de l'Eglise furent répartis en cinq degrés, qui imitaient le sacerdoce et l'épiscopat catholiques. Ce système eut franc succès et les grottes proliférèrent partout aux Etats-Unis. Mais à combien se chiffre le nombre de satanistes? Selon LAVEY à des dizaines de milliers des satanistes effectifs. Une estimation est nécessaire. Sachant que "The Satanic Bible"; fut vendue à six cent mille à travers vingt et une éditions, le nombre de satanistes effectifs est moins important que celui de LAVEY mais laisse toutefois songeur. On peut donc se rapprocher de l'estimation d'AQUINO, qui est de cinq cents vers 1971.
Mais l'influence croissante de LAVEY n'avait pas que des côtés positifs. Il y eut en 1969 l'affaire MANSON qui lui fit une publicité négative. Des drogués et des jeunes délinquants lisaient sa Bible et puis se lançaient dans des rituels qui n'avaient pas toujours un dénouement heureux.
D'autre encore pratiquaient des sacrifices d'animaux. En 1971, les grottes devaient passer sous la clandestinité pour éviter les problèmes. Plus tard, ce sera finalement à New York que l'Eglise enregistrait le plus grand nombre d'adeptes.
En 1972 parait les "Satanic Rituals", qui pour une large part s'inspire d'écrits d'autres religions ou auteurs connus comme H. G. WELLS ou H.P. LOVECRAFT. Si, après avoir remarqué cela on ne peut rien dire quant à la capacité de LAVEY et d'AQUINO, qui est devenu entre-temps son bras droit, on peut en revanche trouver à redire sur la possibilité, pour le satanisme contemporain, de se prévaloir d'origines "anciennes".
AQUINO a toujours soutenu que la rupture de 1975 a marqué la fin de l'Eglise de Satan puisque les autres dirigeants avaient adhérer à son schisme, Le Temple de Set. En réalité, la question posée par le schisme de 1975 demande un examen général du rôle de LAVEY dans l'histoire du satanisme. On a vu qu'il y avait deux tensions dans les vicissitudes traversées par l'Eglise de Satan. La première concerne l'opposition entre l'aspect carnavalesque du style de vie de LAVEY et ses rapports avec la presse; et les considérations nettement plus sérieuses exposées dans la "Satanic Bible". Qui est donc le vrai LAVEY? Pour les disciples les plus intéressés par les aspects philosophiques du satanisme, les mascarades de LAVEY et sa politique de relations publiques étaient un coup de génie effectivement satanique car il y gagnait deux avantages: ne pas être considéré comme dangereux et pouvoir entretenir gratuitement sa propre publicité dans des milliers d'organes de presse.
Entre 1974 et 1975, l'antisatanisme va devenir si soupçonneux que LAVEY subira de nombreuses attaques, en dépit du profil bas qu'il adoptera jusqu'au début des années quatre-vingt.
En fait l'Eglise de Satan pose un autre aussi problème. Satan est-il le symbole d'un "culte de l'homme" ou bien est-il un personnage réel? A partir de 1975, la réponse de LAVEY est sans équivoque: Satan n'est qu'un symbole, et celui qui croit qu'il existe vraiment est un "sataniste catholique", un pseudo-sataniste qui fait le jeu de l'ennemi. Le satanisme de LAVEY n'est donc au mieux qu'une forme d'athéisme magique crowleyen.
Il est possible que l'ambiguïté ne servait pas seulement la cohésion de l'Eglise de
Satan mais qu'elle existait d'abord dans la tête de LAVEY. Après 1975, les fidèles d'un Satan vivant et réel suivront le temple de Set tandis que les amoureux d'une métaphore de Satan resteront avec LAVEY. Cela dit, AQUINO avait tort sur un point. L'Eglise de Satan et son influence ne sont pas mortes après 1975. Elles ont resurgi de manière totalement imprévue dans les années nonante,en tant que réactions aux excès de l'antisatanisme.

(1): voir annexe.

# Posté le dimanche 05 juin 2005 04:35

Modifié le dimanche 05 juin 2005 14:01