Le contexte et les conséquence du "Diable au XIX° siècle".
Il fut publié de 1892 à 1894. A partir d'un numéro "spécimen" de décembre 1893, le "Dr BATAILLE" publie aussi la "Revue mensuelle Religieuse, Politique, Scientifique, complément de la publication(Le Diable au XIX° siècle), en tant qu' "organe de combat contre la Haute Maçonnerie et le satanisme contemporain". Elle avait été précédée d'une autre publication qui donnait des informations sur VAUGHAN, WALDER, les francs-maçons du monde entier, le satanisme etc. Ces publications rassemblées le Dr BATAILLE frôle les cinq mille pages.
D'où venaient ses sources?Il est certain que tous les mystificateurs on besoin de sources, surtout quand ils doivent noircir autant de pages. On a peu d'information sur la personnalité du Dr Charles HACKS, généralement mentionné à propos de l'affaire TAXIL. Ce docteur avait de bonnes raisons de ne pas se faire connaître et pour la bonne raison qu'il était le Dr BATAILLE! De plus, en cette même année 1892, il publiait un ouvrage libre-penseur sur le thème de la mort de Dieu: "Dieu l'immortel est mort encore une fois". Ces maigres informations sur le Dr HACKS-BATAILLE ne nous disent pas grand-chose sur la genèse du "Diable", qui doit être replacée dans son contexte plus large. On a vu que l'école de MIRVILLE, GOUGENOT et BIZOUARD avait commencé dans les années 1850 et 1860, avait commencé à s'intéresser au thème du satanisme, et qu'elle avait fait allusion à un possible lien entre satanisme et sociétés secrètes. De plus, la virulence anticléricale avait atteint u point aujourd'hui inimaginable. A cela, on peut aissi ajouter un antisémitisme latent amis fortement présent. Où l'on veut en venir c'est que vers 1890, il se créera 4 écoles diférentes d'anti-maçonnisme, qui réagiront différemment à la parution du "Diable:
_ Il y eut d'abord une école antimaçonnique laïque antijudaïque voir ouvertement antisémite dirigée par
Edouard DRUMONT(1844-1917).
_ Dans le monde anticatholique, la critique de la maçonnerie part de la doctrine et voit dans les position
politiques défendues par la maçonnerie une conséquence inévitable des présupposés doctrinaux. On
peut donc parler de contre-maçonnisme plutôt que d'antimaçonnisme.
_ Par opposition à la tendance philosophique, un autre courant du contre-maçonnisme est nettement
"diabolisateur"
_ Au sein même du contre-maçonnisme catholique qui adopte une interprétation diabolisatrice de la
maçonnerie, un autre courant préoccupé par la possibilité de glissement vers l'antisémitisme, cherche
à prendre ses distances avec l'antijudaïsme.
C'est sur ces courants que s'abattront, à partir de 1885, les révélations d'un franc-maçon et polémiste anticlérical: Léo TAXIL.
Léo Taxil.
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Léo TAXIL est le pseudonyme de Marie-Joseph-Antoine-Gabriel-Jogan-Pagès(1854-1907). Très tôt, il se situe politiquement. A la fin de l'année 1870, il crée un journal satirique violemment anticlérical, "La Marotte" qui sera interdit en 1872 quand il subira le premier d'une série de nombreux procès. C'est au moment de fonder le journal qu'il prend ce pseudonyme. Durant les années à venir, les journaux anticléricaux qu'il fondera se succèdent. En septembre 1878, accompagné de son épouse, il s'installe à Paris faisant "voeu de se consacrer spécialement aux attaques contre l'Eglise". Pour se protéger, il avait attrapé la manie des pseudonymes et, de ce fait il est impossible de connaître exactement l'étendue de ses écrits.
En 1880, il s'affilie à la franc-maçonnerie auprès d'une loge parisienne, "Le Temple des Amis de l'Honneur Français". Mais de par ses positions morales, ses bons rapports avec la franc-maçonnerie ne dureront que quelques mois. Quelques mois plus tard, il commence à rencontrer secrètement des membres du clergé catholique et, le 23 avril 1885, il se convertit. Cela dit, les milieux mêmes de la nonciature apostolique l'ont incité à poursuivre sa carrière journalistique, cette fois au service de l'Eglise, en révélant tout ce qu'il sait de la conspiration maçonnique.
En quelque mois donc, TAXIL met à la disposition des catholiques un arsenal antimaçonnique complet. Grâce à ses révélations, TAXIL est favorablement accueilli dans le milieu catholique.
En 1907, il se penche sur la question du Palladisme et un an plus tard il décide de souligner presque exclusivement le caractère satanique de la franc-maçonnerie et d'expliquer aux catholiques de France qu'il existe une Haute Maçonnerie liée au Palladisme, où Lucifer est adoré et invoqué. Selon lui, le Palladisme se cache derrière la franc-maçonnerie ordinaire et serait dirigé à l'échelle mondiale par Albert PIKE. Dans ses écrits, il décrit une femme que l'on reconnaît comme Sophie WALDER, qu'il présent comme chef secret de la franc-maçonnerie française. ce n'est pas étonnant. En 1891-1892, il avait pris contact avec un de ses vieux amis qui connaissait bien le Grand Orient...Charles HACKS alias le Dr BATAILLE!
Dès 1893, les représentants les plus illustre du contre-maçonnisme philosophique lancent une campagne contre TAXIL. Il se défendra en les accusant d'être des francs-maçons infiltrés dans l'Eglise. Il usera souvent de ce stratagème plus tard. Mais il subira d'autres attaques, qui le tiennent pour un faussaire et un menteur. Pour se protéger, il sortira l'un de ses plus sérieux arguments: Diana VAUGHAN, qui fera paraître "Le Palladium régénéré et Libre, lien des groupes lucifériens indépendants". Cette revue se voulait l'organe des vrais lucifériens hostiles aux pseudos-lucifériens qui sont, eux, des satanistes. La revue ira plus loin même, que le "Diable".Elle révèle toute l'éducation luciférienne de VAUGHAN. Mais VAUGHAN est engagée dans un combat bien plus mortel contre des ennemis bien pire que n'est Sophie WALDER. Ces ennemis accusent Diana VAUGHAN de ne pas exister et de n'être qu'un autre des pseudonymes de TAXIL. Dans les journaux catholiques du monde entier on débat de la question de son existence.Le Congrès de Trente avait même désigné une commission chargée de trancher sur la question. A la fin de janvier 1897, elle déclara n'avoir pu "recueillir à ce jour aucun argument péremptoire soit contre l'existence, la conversion, l'authenticité des écrit de la prétendue Diana VAUGHAN."
La vérité sur l'affaire.
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Pressé de livrer sur toute cette affaire, TAXIL organise une conférence dans la soirée du 19 avril 1897. C'est la révélation: "Il n'y a pas eu, le moins du monde, un catholique se dévouant et explorant sous un faux nez la Haute Maçonnerie. Mais par contre, il y a eu un libre-penseur qui, pour son édification personnelle, nullement par hostilité, est venu flâner dans votre camp: et... c'est votre serviteur." La vérité était là. En une soirée, TAXIL met l'existence du Palladisme à néant.
A près sa fausse conversion, il fut reçu par le Pape Léon XIII et enhardi par son succès grandissant, il créa la mystification la plus grosse. l'invention du Palladisme, qu'il créa de toutes pièces, avec l'aide du Dr HACKS et d'une dactylographe, Diana VAUGHAN.
Il y eut, selon lui, deux sortes de mythifiés: les uns, "les bons abbés et religieux qui ont admiré Diana VAUGHAN comme une Soeur luciférienne convertie", les autres, Rome, qui devait savoir qu'il s'agissait d'une mystification mais qui a pensé pouvoir la piloter et ma contrôler pour attiser la campagne antimaçonnique.
Après cela, le visage antimaçonnique changea de visage. L'affaire continua, sans l'importance d'avant. Il y eut, suite à ces révélation trois séries de séquelle. Une première série se rapporte à la fin de la carrière de TAXIL. Il continua à prospérer, sous de nouveaux pseudonymes, dans la littérature anticlérical; Il mourut, pratiquement, oublié, à Sceaux, l 31 mars 1907. Quant à HACKS, malgré les recherches des historiens, il ne laisse aucune trace et disparaît complètement.
Une deuxième série concerne les rapport entre l'Eglise et la franc-maçonnerie en France. La troisième se rapporte, à l'existence ou non de Diana VAUGHAN. Clarin de la RIVE enquête quelques mois durant après les révélations de TAXIL. La controverse n'était pas encore terminée. De nombreux catholiques, vu du côté de francs-maçons, n'auraient pas apprécié de s'être fait duper et auraient continué à courir après ce personnage énigmatique. De la RIVE avança, sur base d'un document non authentifié, qu'il; s'agissait probablement d'une inconnue instable qui aurait été manipulée par TAXIL.
Les textes de Taxil, Vaughan, Bataille sont-ils crédibles?
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Il ne fait aucun doute qu'il s'agit d'une mystification. En revanche, on ne peut pas dire que tout ce que contient cette littérature est faux. Il se peut également que certain épisodes vrais ont été mêlés à d'autre, faux, pour brouiller les pistes de future chercheurs.
Le Palladisme a-t-il existé?
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Il faut distinguer entre l'existence d'un Ordre occulte appelé Palladium ou Palladisme avant, pendant et après l'affaire TAXIL.
Avant l'affaire, il a existé un Ordre du Palladium, fondé en 1737 et qui n'était assurément pas sataniste. Cet ordre, de plus, n'existait plus en 1890.
Durant, l'affaire, le Palladisme n'existe qu'au travers des écrits de TAXIL, HACKS et VAUGHAN. Selon eux, il s'agit d'un ordre luciférien qui a la main haute sur la franc-maçonnerie mondiale.
Après l'affaire naquirent des groupes palladistes, qui reproduisaient les rituels décrits dans le "Diable" et les publications de VAUGHAN.
Diana Vaughan a-t-elle existé?
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Clarin de la Rive et un franc-maçon, WAITE, qui s'est largement intéressé à l'affaire étaient d'accord que l'histoire de la dactylo de Paris n'était pas crédible; ils penchaient pour l'idée que TAXIL aurait abusé d'une instable qui était affecté d'un désir de grandeur. Ce qui est sûr, c'est que TAXIL devait se servir d'une femme puisqu'il fut en mesure de la présenter devant plusieurs témoins insoupçonnables. D'où accorder foi à l'histoire de VAUGHAN en général revient à croire en l'existence d'un Palladisme luciférien dan les années 1870-1890.
Conclusion sur l'affaire.
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TAXIL a accompli un vrai miracle: faire naître un satanisme du type de celui décrit dans ses livres, qui n'avait jamais existé avant qu'il en parlât mais qui avait été organisé plus tard par ses lecteurs enthousiastes.
On le voit, l'affaire BATAILLE-TAXIL-VAUGHAN est l'épisode le plus important d'antisatanisme des deux derniers siècles. En réalité, elle ne nous apprend pas grand-chose sur les antisatanistes, dont le succès est toujours possible dans une période de crise et de divisions, quand l'antisatanisme fait émerger les contradictions tant au sain d'un monde religieux qui manque parfois de lucidité dans l'identification des adversaires, qu'au sein d'un monde laïque et laïciste incapable de régler ses propres comptes avec l'aspect irrationaliste et magique de l'irreligion.