Troisième phase - Charles Manson...

Troisième phase - Charles Manson...
Une fausse piste: l'affaire Manson.
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On a choisi de développer ce point car il est une parfaite illustration des préjugés que les gens portent sur le satanisme et les satanistes. Il est certain que ce cas a contribué aussi a donné au satanisme une mauvaise image mais il est nécessaire de savoir que tout ce qui a été dit n'est pas entièrement correct lorsqu'on évoque Charles MANSON. De plus, il montre la raison de la montée d'antisatanisme qui couve à cette époque.
On a vendu des milliers de T-shirts à son effigie dans toutes les tailles, on en a fait des posters, cartes postales etc. L'image qui a produit ce chiffre d'affaires record est celle de Charles MANSON, auteur de plusieurs homicides et condamné à la prison à vie, considéré par la police américaine comme "le plus dangereux être humain vivant". Deux de ses disciples, Bobby BEAUSOLEIL et Susan ATKINS, étaient en rapport avec l'Eglise de Satan. C'est pourquoi beaucoup de gens le considèrent comme un sataniste et même comme l'archétype du sataniste criminel.
L'affaire MANSON peut être envisagée selon quatre perspectives différentes: de qui ou de quoi Charles MANSON est-il le produit? d'où venaient ses disciples? quels rapports avaient-ils eu avec les satanisme avant de commettre leurs meurtres? relève-t-on une influence de MANSON sur le satanisme actuel?
Enfant d'une fille-mère, Charles MANSON voit le jour le 12 novembre 1934 à Cincinnati, Ohio. Sa mère, qui vit de petites délinquances, est souvent arrêtée et il va vivre avec des parents de celle-ci avant d'aller à l'orphelinat. Sans s'attarder sur ces détails, on peut dire que MANSON a passé l'essentiel de sa vie dans des maisons de corrections et des prisons. En 1967, il sort encore de prison, se marie avec la fille d'un pasteur qui lui offre un fourgon et ils se lancent tous deux sur les routes de Californie, acceptant avec eux d'autres gens aussi partis de chez eux. De là, ils reçoivent, de la part de médecins et sociologues qui les étudient comme exemple de commune hippie itinérante vivant d'amour libre et de drogue, le nom de "The Family".Son rêve, en 1968, est d'entrer dans le monde de la musique avec un disque à succès. Mais l'échec de ces tentatives musicales, la forte hostilité aux contrôles de police(les autorités toléraient de moins en moins les hippies à la fin des années soixante), l'implication dans le circuit des trafiquants de drogue etc., tout cela va conduire, insensiblement jusqu'au meurtre.
Le 31 juillet 1969, la police de L.A. découvre le corps de Gary HINMAN. La victime, aussi blessée par MANSON, a été tuée par Bobby BEAUSOLEIL, proche de Kenneth ANGER, co-fondateur de l'Eglise de Satan. BEAUSOLEIL est arrêté, ce qui va faire monter la pression chez MANSON et les siens, qui redoutent déjà des assauts de la part des Panthères Noires, des extrémistes afro-américain. En effet, MANSON pensait - à tort - avoir blessé un chef important de ce groupe. C'est dans ce climat que mûrit le projet délirant de faire sortir BEAUSOLEIL de prison en commettant d'autres homicides avec une technique identique, le but étant de faire croire à la police que l'assassin n'est pas BEAUSOLEIL mais quelqu'un qui court toujours. Entre le 8 et le 10 août 1969, la "Famille" de MANSON commet ses deux crimes les plus connus. Dans la villa de l'actrice Sharon TATE, l'épouse du réalisateur Roman POLANSKI, sont assassinés: l'actrice(enceinte); son amie la célèbre héritière Abigail FOLGER; le fiancé de celle-ci, Wojtek FRYKOWSKI; Jay SEBRING, le coiffeur des célébrités californiennes(et ancien compagnon de Sharon TATE); et Stevent PARENT(un ami du gardien de la maison qui passait par hasard par là).
Les détails sont horribles: mutilations, coups de poignards multiples... La police pense d'abord à un règlement de compte. Plusieurs mois durant, la police tâtonne. Le ranch de Spahn, où MANSON et les siens se sont réfugiés est plusieurs fois encerclé et perquisitionné mais pour vol de voitures... Il est cependant impossible de garder le secret au sein du seul petit cercle des fidèles les plus dévoués de MANSON. Certains comprennent bientôt que les petits délits pour lesquels ils sont recherchés vont pouvoir être effacés en échange d'une collaboration avec la police pour résoudre ce que la presse appelle l'enquête la plus difficile du siècle. Ce sont quelques-uns qui révèlent la vérité à la police. Susan ATKINS est arrêtée: elle raconte la vérité à ses compagnes de cellule puis à la presse, dans des articles qui font le tour du monde. Ses révélations conduisent à l'arrestation de MANSON. En 1971, huit membres de la "Famille" - dont MANSON, Susan ATKINS et Bobby BEAUSOLEIL - sont condamnés à mort.
Mais en 1972 l'Etat de Californie abolit la peine de mort, la commuant automatiquement en détention à perpétuité.
L'idée de MANSON, comme en avait conclu le procureur BUGLIOSI lors de son procès, était simple: en tuant des riches Blanc avec des techniques semblables à celles du terrorisme noir, et en faisant retomber la faute sur ces derniers, lui et les siens pensaient déclencher la guerre civile entre Blancs et Noirs. Ils comptaient sur une destruction des premiers et un triomphe des seconds qui, incapables de gouverner seuls les Etats-Unis auraient fini par s'adresser à MANSON pour qu'il les guidât. Il insiste plus prosaïquement que les homicides TATE et LABIANCA furent commis pour disculper BEAUSOLEIL de l'homicide HINMAN, qui à son tour répondait à la logique tristement habituelle du trafic de drogues. MANSON semble avoir endossé le costume de héros et de messie folklorique que la presse et la contre-culture lui ont taillé.
MANSON est un produit de la drogue et d'une vie brûlée au sein du système carcéral, à l'enseigne de la violence et du mépris de toute norme éthique. On ne peut pas non plus exclure qu'il ait été victime de projets mis en oeuvre au sein des prisons et dans le monde hippie par les services secrets américains qui entendaient vérifier les effets des hallucinogènes en vue d'un possible usage militaire de certaines drogues pour créer des troupes d'assauts parfaites. Il se peut qu'une certaine littérature ait exagéré la portée de ces projets mais ils furent poursuivis par des services nord-américains qui acceptaient la théorie du "lavage de cerveau"(1).
Et le satanisme dans tout cela? Certes MANSON s'intéressait aux spiritualités alternatives. En prison, il s'était documenté sur la Scientologie. Il avait fréquenté Esalen(un centre californien qui est à l'origine du New Age d'aujourd'hui). Evidemment, pour avoir des informations sur le satanisme, il n'avait d'ailleurs pas besoin de s'adresser un groupe sataniste: deux de ses adeptes, ATKINS et BEAUSOLEIL avaient fréquenté l'Eglise de Satan et il n'est certainement pas rare qu'ils discutaient de leur expérience avec MANSON mais ces références ne doivent pas être surestimées. Somme toute, les relations de MANSON avec le satanisme ne sont pas inexistantes mais elles sont ténues.
Il ne fait aucun doute en revanche qu'il est devenu pour de nombreux jeunes satanistes après son procès et sa condamnation. Il est devenu une icône du mal pour le journalisme à sensation et une grande partie de la société contemporaine, un héros de la contre-culture pour les jeunes intéressés par le satanisme. Pour eux, MANSON est entré dans un imaginaire collectif, où il est une référence mythique avec LAVEY, CROWLEY, sans que ces jeunes connaissent bien leur histoire et leur idéologie. Par là, il est devenu dangereux pour le monde entier après son procès et son incarcération.
Chaque année, des groupes satanistes dits "acides"(2) qui prennent MANSON comme une référence, sortent quelques meurtres, aux caractéristiques souvent horribles. Mais avant de parler d' "homicides inspirés par MANSON", il convient de rester prudent, car on s'aperçoit que le culte de MANSON comme héros négatif est toujours inextricablement lié à la drogue et, souvent, à des histoires sordides de vengeance entre revendeurs et criminels. A l'égard de cette délinquance, les satanistes ont joué de toute façon, et continuent de jouer, le rôle classique des mauvais maîtres.

(1): Voir annexes.
(2): Groupes de jeunes de quatorze à vingt-cinq ans qui, sans contacts avec les organisations du satanisme "officiel" se sont mis à pratiquer des rites "sataniques" en achetant les livres de LAVEY.

# Posté le dimanche 05 juin 2005 14:02

Modifié le mardi 14 juin 2005 07:53

Troisième phase(suite 1) - Les sectes...

Troisième phase(suite 1) - Les sectes...
5.2. Les sectes et les mouvements antisatanistes(1980-1990).

De la chasse aux sectes à la chasse aux satanistes.

Au cours des années quatre-vingt, les Etats-Unis ont été le théâtre d'une chasse aux satanistes sans précédent dans l'histoire: une chasse qui dépasse même les conséquences de la propagande de Léo TAXIL et qu'on ne saurait comparer qu'aux moments les plus virulents de la chasse aux sorcières.
Dans les années soixante et septante, les Etats-Unis - puis peu à peu le monde entier - doivent faire face à la croissance imprévue d'une "nouvelle vague de nouveaux mouvements religieux: la Scientologie, l'Eglise de l'unification, les dévots de Krishna... Bon nombre de jeunes abandonnent leurs familles e leurs projets d'avenir pour suivre ces mouvements. Mais ce n'est pas possible, selon les parents, leurs enfants ne peuvent pas avoir changé si vite, quelque chose de diabolique doit être arrivé. A partir du FREECOG(Free Our Children from the Children Of God, "Libérez nos enfants des Enfants de Dieu") apparu au début des années soixante et à l'origine de l'actuel CAN(Cult Awareness Network, Réseau de vigilances à l'égard des sectes), qui était la plus grande organisation anti-sectes du monde avant de faire faillite en 1996, on voit donc naître aux Etats-Unis, et bientôt dans d'autres pays, des groupes hostiles aux sectes pour des raisons différentes de celles des traditionnels adversaires religieux des sectes. Plus tard les spécialistes nommeront mouvements anti-sectes les groupes laïcs et mouvements contre les sectes les groupes s'opposant aux nouveaux mouvements en partant d'une perspective religieuse.
Les mouvements religieux contre les sectes ont une position très différente de celles des mouvements anti-sectes laïcs: ils soutiennent que la fausse croyance - l'hérésie - viole la loi de Dieu. Leur explication du succès des sectes est plus théologique que psychologique. En outre les mouvements anti-sectes déclarent vouloir libérer les victimes des sectes, mais ne se préoccupent pas de ce que seront leurs opinions philosophiques ou religieuses une fois que ces personnes auront quitté la secte. Au contraire, les mouvements contre les sectes ne se contentent pas de libérer les adeptes des sectes mais cherchent à les ramener à l'hortodoxie. Pour compliquer encore la situation, une autre ligne de partage est apparue entre les groupes qui s'opposent aux sectes quant à la terminologie des sectes et la raison de leur succès. Dans les mouvements rationalistes, l'explication préférée consiste à dire que les hommes sont assez naïfs pour tomber victimes de tromperies bien échafaudées. Les mouvements anti-sectes souligneront la fraude alors que les mouvements contre les sectes du même type insisteront sur des éléments de doctrine, la manipulation des Ecritures et de la théologie; mais la tromperie restera l'explication dominante. Au contraire, les explications post-rationalistes du succès des sectes attribuent à leurs chefs des pouvoirs et des capacités quasiment surhumains. Selon les mouvement post-rationnalistes contre les sectes, les leaders des sectes sont en fait en contact direct avec Satan et avec l'occulte.
En présence de ces éléments, on éprouve une impression de déjà vu. En fait, la polémique contre la franc-maçonnerie et contre les mormons au XIX° siècle, ont une valeur de précédent pour toutes les discussions contemporaines sur les sectes. On cherchera à retracer séparément les prémisses et les origines(totalement différentes) de l'antisatanisme laïc contemporain et du contresatanisme religieux. Il faudra monter sur quel étrange terrain tous deux sont parvenus , pendant dix ans environ, à collaborer, avant que leurs divergences inévitables apparaissent enfin au grand jour, contribuant au déclin de la grande campagne antisataniste. Car si celle-ci n'est pas terminée, il apparaît aujourd'hui qu'elle traverse une phase de régression.
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# Posté le dimanche 05 juin 2005 14:17

Modifié le mercredi 08 juin 2005 15:25

Troisième phase(suite 3) - Le contre-satanisme religieux...

Troisième phase(suite 3) - Le contre-satanisme religieux...
5.2.2. Le contre-satanisme religieux.

Les phénomènes décrits sont des expressions de l'antisatanisme laïque. Celui-ci obéit à une logique purement séculière et ne s'appuie pas sur des prémisses spécifiquement religieuses. Dans cette optique, les cas abus sont considérés abstraction faite de toute croyance religieuse. Si l'on se penche cependant sur la bibliographie de nombreux ouvrages laïcs sur le satanisme, on s'aperçoit que des livres d'une inspiration différente sont parfois utilisés et cités. L'ancêtre de tous ces ouvrages
est "The Satan Seller, publié en 1972 par Mike WARNKE. Dans son livre, il affirme avoir été "Grand Prêtre" d'une secte satanique lorsqu'il était encore élève d'un lycée de San Bernardino. Les cérémonies auxquelles il déclare avoir assisté annoncent déjà, les futurs récits des survivors. En réalité, le monde protestant évangélique a été le premier a réagir, bien avant les psychiatres laïques, devant les manifestations scandaleuses de l'Eglise de Satan de LAVEY. Selon le témoignage d'AQUINO, WARNKE aurait demandé audience à LAVEY mais n'aurait jamais été reçu. Plus tard les récits de WARNKE allaient être utilisés pour démontrer l'existence de groupes satanistes criminels aux Etats-Unis avant 1980, donc avant "Michelle Remembers".
Seulement, WARNKE avait été pris pour cible par le revue évangélique Cornerstone, conservatrice mais spécialisée dans la dénonciation des imposteurs qui se présentent au public protestant en racontant des histoires sans fondement. Leur conclusion: celui ne pouvait pas être sataniste quand il était lycéen, étant un élève "rangé". Avec d'autres détails, ils déclarent que son histoire est fausse.
Il y aussi une autre histoire: celle de William "Bill" SCHNOEBELEN. Elevé comme WARNKE dans la religion catholique, il fit un passage par le mormonisme. EN 1984, il se convertit au protestantisme fondamentaliste et trouve un travail à temps plein comme militant "contre les sectes": avant tout contre le mormonisme, qu'il accuse d'être un culte "satanique". naturellement pour profiter à plein temps dans le mouvement fondamentaliste national contre les sectes, SCHNOEBELEN ne peut se contenter d'attaquer seulement les mormons. Il écrit donc deux livres, contre la néo-sorcellerie et contre la franc-maçonnerie puis révèle tous les secrets du satanisme en 1993. Malheureusement pour lui, son histoire aussi fait eau de toutes parts.
Parmi les autres cas controversés du contre-satanisme évangélique, il fait signaler le cas de Lauren STRATFORD, auteur en 1988 d'un livre à succès, "Satan's Underground, dans lequel elle raconte avoir été soumise à des sévices sexuels de caractères sataniques dès sa petite enfance. Les journalistes de Cornerstone - qui croient tant à l'existence personnelle du Démon qu'aux dangers réels représentés par certains groupes satanistes - révèlent que, là aussi, tout est faux.
Malgré ces incidents, un contre-satanisme évangélique, souvent d'inspiration fondamentaliste, s'est affirmé et a connu son âge d'or de 1985 à 1990. Autant dans le monde de la psychothérapie laïque existait le syndrome de la personnalité multiple, autant dans le monde évangélique existait la théologie de la guerre spirituelle, la spiritual warfare. Les origines de cette nouvelle théologie remontent à l'année universitaire 1981-1982 avec le cours numéro MC510, intitulé "Signes et merveilles". Les théologiens enseignaient le power evangelism, une stratégie missionnaire qui présente le message chrétien comme persuasif en vertu des "pouvoirs" qui se manifestent chez les croyants(guérison miraculeuse etc.). La vie spirituelle, mais aussi la vie quotidienne et l'histoire, deviennent donc une "guerre", une spiritual warfare, menée avant tout par tous les anges et par les diables. Au sein même du monde évangélique ainsi que dans les milieux pentecôtistes, la théologie de la spiritual warfare a soulevé de nombreuses objections. Certains ont mis en cause, en particulier, l'idée qu'un chrétien puisse être "démonisé" et l'insistance excessive sur les démons.
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# Posté le mercredi 08 juin 2005 12:19

Modifié le jeudi 09 juin 2005 11:09

Troisième phase(suite 4) - Rapport à la musique...

Troisième phase(suite 4) - Rapport à la musique...
Face à la musique.
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Le mouvement évangélico-pentecôtiste contre le satanisme ne se contente pas de répéter les histoires des survivors et de protester contre l'abus rituel des enfants, en substituant la théologie de la spiritual warfare aux théories sur les personnalités multiples et aux psychothérapies laïques. En participant à la chasse aux satanistes, les chrétiens fondamentalistes ont apporté avec eux dans le combat certaines priorités spécifiques, qu'ils ont rapidement adaptées à la lutte contre le satanisme. Dès avant les années quatre-vingt, le fondamentalisme protestait contre l'endoctrinement sournois des adolescents par les manuels scolaires, certains types de jeu et le rock, sans parler, évidemment, de la télévision et du cinéma. Ces campagnes ont été rapidement adaptées quand les groupes fondamentalistes contres les sectes sont entrés dans le combat contre les satanistes.
Les campagnes contres les manuels scolaires et les jeux de rôles(en particulier "Dongeons and dragons") ont été rapidement dépassé en intensité par les attaques contre le rock comme appât satanique destiné aux jeunes. Toutefois, quand il est question aujourd'hui de "rock satanique", il convient de distinguer trois sortes d'accusation:

1) Une première accusation prend en compte les musiques et les textes des chansons, pour soutenir qu'au moins une partie du rock contemporain favorise l'occultisme, la figure de Satan ainsi que la violence et le suicide. Une version plus extrême soutient que tout rock, à cause de ses rythmes violents et contrastés, est satanique. Des organisation qui perçoivent violence et satanisme dans certaines formes de rock ont été fondées: c'est le cas du Parents Music Resource Center(PMRC) dirigé par Tipper GORE, l'épouse du président des Etats-Unis. Aujourd'hui, il existe des centaines de groupes qui glorifient Satan, les messes noires etc. Quand on interroge les membres de ces groupes, ils déclarent ne pas croire du tout au diable - en général, ils ne croient ni en Dieu ni au Diable. Ils n'affirment n'adopter cette attitude que parce que les maisons de disques ont découvert qu'un certain "satanisme" fait gonfler les ventes. Du reste, on sait que les jeunes aiment acheter ce qui scandalise leurs parents.

2)Il y a une deuxième accusation qui reproche au rock de se servir de moyens plus sournois pour faire vendre: il s'agit des messages subliminaux. La polémique sur ces messages remonte aux années cinquante, elle concerne la présence dans la musique et les films de messages que l'auditeur n'est pas capable de percevoir consciemment mais qui restent déposés dans son inconscient et qui l'influencent. Bien que les inquiétudes des années cinquante aient été exagérées, il est vrai que les messages subliminaux ont une certaine efficacité car ils sont utilisés par les grandes surfaces contre les vols et les cleptomanes. Dans les années quatre-vingt, les conférenciers fondamentalistes engagés dans la dénonciation du rock "satanique" se sont mis à parler de messages subliminaux cachés dans des disques, y compris des groupes les plus connus. Les éléments de preuve étaient plutôt minces mais cette accusation a donné naissance à une troisième accusation.

3)Avec des instruments appropriés, on peut en effet faire tourner un disque ou une cassette à l'envers. Normalement, on n'entend que des sons indistincts mais si on croit entendre des paroles, il faut toujours se demander s'il ne s'agit pas d'impressions subjectives. Mais la stéréophonie offre la possibilité d'utiliser quelques pistes du disque pour enregistrer des messages cachés: c'est la technique dite du backward masking. Or, dans les année quatre-vingt, les ennemis du satanisme se sont mis à écouter les disques à l'envers. Dès 1982, il y eut des projets de loi pour imposer aux éditeurs discographiques d'informer le public de la présence du backward masking. Il y eut de nouveau controverse mais tous ceux qui participaient étaient d'accord sur un point: l'usage d'une des pistes pour graver des messages perceptibles seulement quand on écoute le morceau à l'envers est une pratique, chez les groupes de rock, relativement commune, sinon universelle.

Rencontre des oppositions.
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Dans les années quatre-vingt, après l'affaire MANSON, on prend connaissance de cas où, cette fois, il y eut un grand nombre de cadavres. Ces cas relèvent du satanisme "acide. Ces cas sont toujours identiques: des jeunes lisent "The Satanic Bible" et/ou "The Satanic Rituals de LAVEY et, souvent sous l'emprise de drogues, tracent des cercles, pentacles... sur des tombes, ou sacrifient un animal. C'est un cas de figure. Les satanistes "acides" sont environ plusieurs milliers, pour les seuls Etats-Unis. Ils sont difficiles à dénombrer car il s'agit souvent de petits groupes qui se forment et déforment. Le point important est que ce satanisme est plus dangereux car incontrôlable, en marge du satanisme "officiel" Parfois, ces jeunes ne se contentent pas d'un animal et sacrifient un clochard. Le nombre d'homicides rituel est aussi controversé. En effet, il est difficile d'établir si le mobile premier est le meurtre, lié à un trafic de drogue, une vengeance, ou si c'est effectivement une cérémonie "satanique". En réalité, le satanisme "acide" se présente rarement à l'état pur: il est presque toujours lié au monde de la drogue et à d'autre formes d'inadaptation juvénile. Avec ce satanisme juvénile, les milieux qui se livrent à la chasse aux satanistes disposent d'un certain nombre de cas concrets et de victimes réelles. L'alarme suscitée par le satanisme "acide" a fait naître, dans les milieux de la police, un vaste mouvement dit des "policiers de l'occulte"(cult cops). Le monde des séminaires organisés par et pour les cult cops constitue une étrange subculture. Ces séminaires n'ont jamais convaincu pleinement les policiers de haut rang, ni même la majorité des policiers des grandes villes américaines. En revanche, ils prospèrent dans des villes plus petites, parmi les simples agents de police. Le trait saillant de ces séminaires consiste à recueillir toutes les informations et théories sur le satanisme. On y distingue quatre niveaux:

_ le satanisme "religieux" des différentes Eglises de Satan;
_ l'implication occasionnelle des adolescents;
_ le satanisme "autodidacte" des assassins récidivistes qui imitent MANSON;
_ le plus dangereux, le satanisme "héréditaire, le culte secret transmis de générations en générations.
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# Posté le jeudi 09 juin 2005 11:10

Modifié le jeudi 09 juin 2005 11:26

Troisième phase(suite 5) - Un autre cas...

Troisième phase(suite 5) - Un autre cas...
En 1989, un épisode particulièrement sanglant semble donner raison aux cult cops et à ceux qui se livrent à la chasse aux satanistes. En mars de cette année, un étudiant mexicain, Mark KILROY, disparaît à Matamoros, au Mexique. Les recherches lancée se terminent au ranch Santa Helena, non loin de Matamoros qui servait de base à une bande trafiquants de drogue dirigée par Adolfo de JESUS COSTANZO(1962-1989). On y découvre les restes de Mark KILROY et de quinze autres personnes, un nganga(chaudron pour sacrifice utilisés dans certaines formes du culte syncrétiste afro-américain Palo mayombé), de la littérature magique et des objets rituels normalement associé à des cultes sataniques. Une chasse à l'homme est ouverte pour retrouver COSTANZO et sa compagne, Sara ALDRETE mais le 6 mai 1989, COSTANZO est tué par ses propres fidèles, à sa demande selon eux. Sara ALDRETE et d'autres furent arrêtés et condamnés. Selon les journaux, une "secte satanique" a été anéantie, au Mexique, toute une littérature aussi bien religieuse que laïque hostile au satanisme, crée une nouvelle catégorie de secte, la secte narco-satanique.
Mais de quel satanisme s'agit-il exactement? Adolfo COSTANZO était né en 1962 à Little Havana, le quartier des réfugiés cubains de Miami. Sa mère l'avait initié très tôt au culte syncrétiste afro-cubain, appelé Santeria. Il avait aussi initié au Palo mayombé, dont une version "noire"(minoritaire) a souvent été accusée de se livrer à des sacrifices humains.
Les rituels de COSTANZO mêlaient des éléments traditionnels afro-américains et d'autres tirés de films d'horreur. La forme des rituels était, dans une large mesure, originale. Sara ALDRETE étudiait l'anthropologie de la religion à la Texas Southmost University de Brownsville. Il est probable que certaines informations sur les cultes syncrétistes afro-américains soient arrivée dans le groupe de COSTANZO par son intermédiaire et non des bas-fonds de Mexico. Elle déclara d'ailleurs qu'elle avait tiré l'idée du sacrifice humain du film The Believers. La tragédie de Matamoros confirme donc, peut-être, que les films sur le satanisme ne sont pas inoffensifs; mais il est difficile d'en conclure qu'on est en présence d'un cas typique de secte satanique ou d'une preuve de l'existence de réseaux occultes et internationaux d'adorateurs de Satan.
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# Posté le jeudi 09 juin 2005 11:19

Modifié le mardi 14 juin 2005 07:51