Troisième phase(suite 6) - Au XXIème siècle...

Troisième phase(suite 6) - Au XXIème siècle...
5.2.3. Des satanistes pour l'an 2000.

La parution en 1989 d'un rapport du CSER sur l'antisatanisme marque le tournant emblématique du discrédit où la campagne antisataniste commence à tomber à cause de ses propres excès. Tandis qu'il tournait en ridicule les antisatanistes, le plus connus, ce rapport mentionnait les experts fiables, telle Zeena LAVEY, qualifiée d' "autorité sur le satanisme et porte-parole officielle de l'Eglise de Satan". L'Eglise de Satan elle-même était classée parmi les groupes à consulter pour avoir des informations sur le satanisme. L'histoire se répétait une fois de plus: le discrédit d'une campagne antisataniste portée aux exagérations ramenait les satanistes au premier plan. A l'époque on pouvait cependant croire que l'Eglise de Satan était entrée dans une crise irréversible.
Or, à la surprise générale - à commencer par AQUINO et son Temple de Set - après une période de profil bas de 1975 à 1985, Anton LAVEY, à la fin de des années quatre-vingt, a connu une véritable résurrection. En 1984, comme il l'avait autrefois prédit, quelque se produisit. Il rompt avec Diane, son épouse. Bien que la rupture avec sa compagne soit apparue à LAVEY comme le signe d'un inévitable destin de solitude métaphysique, au bout quelques années seulement il trouve une nouvelle égérie, Blanche BARTON, qui jouera un rôle de premier plan dans la relance du satanisme.
L'occasion de la relance fut sans doute fournie par la grande chasse aux satanistes. Le 25 octobre 1988, dans l'émission Geraldo intitulée "Devil Worship: Exposing Satan's underground", Geraldo RIVERA présente aux auditeurs Zeena LAVEY, fille d'Anton et porte-parole de l'Eglise de Satan. La jeune femme - qui est jolie, ce qui ne peut que lui valoir la sympathie d'un certain nombre de téléspectateurs - déclare que sa religion est "une religion légitime, parfaitement légale". Il est certain que des émissions comme Geraldo n'étaient pas "objective" et cherchai ent à alimenter le goût du sensationnel et la campagne antisataniste. Mais ce que l'Eglise de Satan déclarait en 1990 est parfaitement crédible: de nombreux téléspectateurs réagirent négativement aux outrances évidentes des antisatanistes, et trouvèrent plus sympathique la jeune Zeena.
L'année même de l'émission, LAVEY décide de se présenter comme le porte-parole de tous ceux qui considèrent la chasse aux satanisme comme un exemple de crédulité et de superstition. Après son retour sur le devant de la scène, LAVEY profita du regain d'intérêt pour les vampires et les loups-garous. Au fond, soutint-il dans un livre parut en 1992, les premiers rituels de l'Eglise de Satan contenaient déjà l'essentiel du mythe du loup-garou.
Les loups-garous et les vampires avaient toutefois en réserves quelques tours peu agréables pour LAVEY. LAVEY pour sa part n'est pas certain que les loups-garous et les vampires, au sens littéral du terme, aient jamais existé. Tout le monde n'est pas d'accord, ce qui a donné lieu à de nouvelles scissions. Lucas MARTEL a fondé à Lacey(dans l'Etat de Washington) le Temple du Vampire. Ce mouvement, né à la fin des années quatre-vingt, ne s'en réclame pas moins d'origine qui remonteraient aux anciens Sumériens. Bien que le Temple du Vampire considère comme théoriquement et magiquement impossible le vampirisme au sens physique du terme, sa principale activité est de répandre un "matérialisme sceptique" guère éloigné de l'Eglise de Satan. Peut-être est-ce pour ces raisons que les rapports entre eux sont restés cordiales, malgré leur divergence sur la réalité historique du vampire.
En revanche, les relations avec les loups-garous se sont avérées plus difficiles. Bien que né dans l'esprit de son fondateur Nikolas SCHRECK en 1983, l'Ordre du Loup-Garou(Werewolf Order) s'est présenté au public en 1987. Selon SCHRECK, qui fut l'auteur d'une anthologie sur MANSON, le loup-garou n'est que l'agent choisi par Satan pour semer la confusion et la destruction sur le terre. MANSON lui-même a été, sans le savoir ou en le découvrant peu à peu, l'un de ces loups-garous que l'Ordre honore.
SCHRECK est entré dans la première famille du satanisme international en allant vivre avec Zeena LAVEY. Cependant, pour SCHRECK, il n'est pas du tout certain que Satan, qui suscite les loups-garous, ne soit qu'un symbole. Or il s'agit précisément du type d' "hérésie" que LAVEY ne peut pas tolérer, même au risque de perdre, comme cela s'est produit en 1991-1992, l'un de ses plus fidèles disciples de le jeune génération, SCHRECK, et sa propre fille, Zeena.
Le mythe de LAVEY ne résistera peut-être pas au temps et au passage des modes. Mais il n'est plus certain aujourd'hui, contrairement à ce que l'on pouvait croire dans la décennie précédente, que l'Eglise de Satan soit condamnée à disparaître à la mort de son fondateur. Malgré les défections de SCHRECK et de Zeena(remplacée par sa soeur, Karla, dans le rôle de porte-parole officiel de l'Eglise de Satan), une nouvelle génération s'est manifestée avec une certaine vigueur. Le Clooven Hoof, la revue de l'Eglise de Satan, a pratiquement cessé de paraître mais a été remplacé par une autre, avec une diffusion au niveau internationale, The Black Flame. De plus, Blanche BARTON cherche à faire reconnaître le satanisme comme une religion "légitime".

Statistiques.

Quelle était l'importance numérique de l'Eglise de Satan dans la première moitié des années nonante? Il est difficile de fournir des statistiques précises. En tout cas, dans les années quatre - vingt, l'Eglise se réduisait à un carnet d'adresses et, en 1993, on pouvait estimer à plusieurs milliers le nombre de personnes en contact avec l'organisation de LAVEY. En outre les Eglises et autres organisations du satanisme institutionnel étaient moins d'une dizaine aux Etats-Unis dans les années quatre-vingt. Aujourd'hui, on compte au moins une centaine de sigles répertoriés dans le monde. Le nombre global des fidèles reste probablement inférieur à cinq mille personnes aux Etats-Unis et à dix mille dans le monde. Mais la multiplication des sigles et leur rôle de plus en plus visible au sein de la subculture occultiste démentent les prévisions faites dans les années quatre-vingt et constitue en soi
un phénomène significatif.
Un autre aspect est lui aussi significatif: si l'on distingue entre le satanisme "occultiste"(où Satan est une personne qui existe vraiment) et le satanisme "rationaliste"(où Satan est plutôt un symbole), il faut conclure que la plupart des groupes appartiennent au courant "rationaliste" et reconnaissent LAVEY comme un maître. Presque tous les groupes importants du nouveau satanisme des années nonante honorent LAVEY et attaquent le satanisme "catholique" d'AQUINO, qui croit vraiment à Satan.
Dresser une liste de ces groupes risquerait de ressembler aux pages jaune des annuaires téléphoniques. Il n'est pas non plus facile de suivre l'histoire de ces groupes, qui ont souvent une existence éphémère, qui se séparent ou se réunissent. Il faut noter que, plus tard, des groupes indépendants qui restent liés à LAVEY mais qui n'adhèrent pas formellement aux structures de l'Eglise de Satan, sont nés dans de nombreux pays.
Il est probablement aussi impossible de dresser une liste complète des noms et des sigles, qui de plus, changent sans arrêt. On peut néanmoins formuler deux observations:
_ La plupart des sigles correspondent à des groupes qui comptent
de dix à cinquante membres. La dimension modeste est un trait qui rapproche les dénominations sataniques mineures et les groupes dits "acides" mais les deux phénomènes ne doivent pas être confondus.
_ Même si l'ambiguïté est typique de tout le satanisme contemporain, on est frappé par la quasi - unanimité de la référence à LAVEY et par le mépris du satanisme "catholique".
Ces deux points entraînent des conséquences: il faut revoir les jugements hâtifs sur la soi-disant insignifiance de LAVEY: il s'agit de se demander si ses idées sur le darwinisme social et le droit du plus fort à opprimer le faible ne sont pas un facteur décisif dans le panorama du satanisme contemporain.
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# Posté le jeudi 09 juin 2005 11:20

Conclusion...

Conclusion...
6.Conclusion.

Y aura-t-il encore des satanistes en l'an 2000? Des croyances et pratiques apparemment si anachroniques et anciennes pourront-elles survivre pendant le troisième millénaire? Ainsi posée la question est naïve. Le satanisme n'est en effet pas un phénomène ancien. La figure du Démon et les multiples formes de son influence sur la vie sociale sont assurément des phénomènes très anciens. Mais les satanisme tel qu'on l'a défini naît seulement de l'époque moderne. La préhistoire du satanisme se déroule après la découverte de l'Amérique, à l'aube des Temps Modernes. Le premier cas de véritable satanisme, à la cour de LOUIS XIV, est contemporain des premières grandes inquiétudes de la modernité. Dès le début se met en branle le mouvement pendulaire qu'on a cherché à décrire: l'apparition au grand jour de petits noyaux de satanistes entraîne une réaction presque toujours disproportionnée, et le discrédit où tombe, à cause de ses excès, la réaction antisataniste, favorise la naissance de nouvelles formes de satanisme. Naturellement le mouvement pendulaire pourrait se poursuivre. Toutefois le satanisme des années quatre-vingt présente des caractéristiques qui méritent une brève réflexion. LAVEY a gagné sur un point important: Satan est de moins en moins esprit, de plus en plus matière. Le satanisme est en train de changer de domicile: il passe de la subculture occultiste et magique au mouvement du "potentiel humain" et de la libération psycho-sexuelle. Parmi les sociologues, certains en concluent que le satanisme, au terme de cette évolution, n'est plus vraiment dangereux. Qu'y a-t-il de plus inoffensif, pour eux, que le "potentiel humain"? Toutefois, il faut le savoir, cette expression est toujours très ambiguë, en effet, dans l'homme, il y a le meilleur et il y a le pire. Le risque serait que ce pire se manifeste dans le nouveau satanisme. En ce sens, le nouveau satanisme est souvent plus dangereux que l'ancien, chaque nouvelle période de satanisme est plus poussée, plus extrême, que la période qui l'a précédée.
De nos jours, le sataniste arrache à une grande part de la modernité son masque et la fait voir pour ce qu'elle est. Témoin de ce spectacle difficile à soutenir, l'antisataniste refuse d'aller jusqu'au bout et préfère s'en prendre aux satanistes. Si l'histoire du satanisme est intéressante, c'est en raison de sa valeur emblématique. Si l'histoire de l'antisatanisme est intéressante, c'est parce qu'elle illustre l'incapacité de forces socialement importantes à identifier la cause profonde du malaise qu'elles ressentent devant certains aspects de la modernité; parce qu'elle illustre aussi les recherches de cibles faisant diversion et boucs émissaires.
Puisque le satanisme est un phénomène typiquement moderne, peut-on dire qu'il finira fatalement à l'époque post-moderne? Le satanisme est protéiforme: après la fin des idéologies il n'aura sans doute pas trop de mal à se présenter comme une possibilité de transcender ce que la vie quotidienne a d'insupportable. En 1920, un éminent helléniste professeur à l'université d'Oxford, Gilbert MURRAY, publia un curieux petit livre sur les rapports entre le satanisme et "l'Ordre Mondial". Selon lui, de temps à autre dans l'histoire naît un Ordre mondiale(Des exemples d'Ordre mondiaux dans l'histoire sont les grands empires, qui imposaient leur vision des choses, leur culture, ... Mais il y a toujours des gens qui n'apprécient pas l'ordre établi: c'est ainsi que se crée les satanismes. "L'esprit du satanisme" c'est l'esprit de la haine sans rémission à l'égard de l'Ordre Mondial de l'époque. "Le satanisme se nourrit de la haine contre tous les gouvernements institués."
Pourquoi le satanisme et non pas quelque chose d'autre? Au-delà des affinités électives, il faut tenir compte du fait que la présence du diable est encore forte et puissante dans l'imaginaire collectif. L'explication semble simple: à chaque moment de crise - des guerres aux tremblements de terre - la peur du diable et des satanistes remonte dans l'imaginaire collectif.
Si, comme c'est probable, les guerres, les révolutions, les tremblement de terre, le désir de pouvoir et de violence dans le coeur de l'homme ne nous abandonneront pas avant très longtemps, ou jamais, alors les satanistes et les antisatanistes seront avec nous jusqu'à la fin des temps.
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# Posté le jeudi 09 juin 2005 11:27

Glossaire: A - B...

Glossaire: A - B...
Glossaire.

Complément d'information.

A.µ

_Archange, ange ou être céleste, hiérarchiquement supérieur aux autres anges.
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La littérature juive et chrétienne connaît sept archanges «qui se tiennent devant la gloire du Seigneur et pénètrent en sa présence» (Livre de Tobie, XII, 15). Trois seulement sont nommés dans la Bible: Michel, préposé au peuple élu; Raphaël, le guérisseur et compagnon de Tobias; Gabriel, messager de l'Annonciation dans le Nouveau Testament. Seuls ces trois noms ont été retenus par la
tradition catholique depuis le concile de Rome convoqué par le pape Zacharie (745). Ils sont fêtés ensemble le 29 septembre. La tradition rabbinique, la religion orthodoxe et divers apocryphes donnent des listes de noms divergentes pour les quatre autres archanges. Seul Uriel est cité par toutes les traditions. Dans l'islam, la croyance veut que quatre archanges portent le trône d'Allah. Selon la tradition chrétienne, les archanges appartiennent au huitième des neuf ch½urs des anges définis par la Hiérarchie céleste de Denys le pseudo-Aréopagite. Placés selon leur importance, en ordre décroissant, ces ch½urs sont: les séraphins, les Chérubins, les trônes, les dominations, les vertus, les puissances, les principautés, les archanges et les anges.

_À rebours, roman de Joris-Karl Huysmans, publié en 1884.
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Ancien adepte du naturalisme, avec des ½uvres comme En ménage ou À vau-l'eau, Huysmans cherche, avec À rebours, à «briser les limites du roman, y faire entrer l'art, la science, l'histoire et ne plus se servir de cette forme que comme d'un cadre pour y insérer de plus sérieux travaux». Car Huysmans finit par se sentir prisonnier d'une impasse.L'histoire est celle de Des Esseintes, un «décadentiste» qui, pour combattre l'ennui qui l'accable, s'isole dans sa maison et tente d'inventer de nouveaux plaisirs. Par l'excitation constante de son esprit et de ses sens au moyen de raffinements inouïs, il cherche à oublier la société qui l'entoure où, à ses yeux, règne une vulgarité sans partage. Il tente donc de «substituer le rêve à la réalité même», et pour cela achète des livres précieux, se fait livrer des fleurs rares, invente un orgue à liqueurs et s'enivre des parfums nouveaux qu'il crée. Sur le point d'entreprendre un voyage, il préfère, une fois arrivé à la gare, rebrousser chemin et rentrer chez lui tant l'éc½urent les bruits et les odeurs de la ville. Des Esseintes hisse l'idée baudelairienne du culte de l'artificiel jusqu'à un paroxysme morbide (voir Baudelaire).Mais À rebours est surtout le roman d'une crise intime et profonde, celle que tout un chacun peut connaître lorsque le monde ne fait plus sens. Livre du doute, À rebours conduira Huysmans sur la voie du catholicisme, et influencera par son étrangeté maladive et hautaine des auteurs comme Raymond Roussel, André Breton ou Boris Vian.

B.

_Baal (de l'hébreu, ba'al, du phénicien ba'al, «maître», «seigneur»), chez les anciens peuples sémitiques, nom des innombrables dieux locaux qui contrôlent la fertilité du sol et des animaux domestiques. Le nom de Baal ne désigne pas la même divinité partout et l'on ne peut pas considérer le terme comme le témoin de variations locales d'une même divinité. Le pluriel Baalim désigne les idoles ou l'ensemble des Baals.
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Le nom Baal forme que partie du nom de différents dieux tels que Baal Berith (le seigneur des alliances) chez les Schéchémites et Baal Zebub ou Belzébuth (le seigneur des mouches) chez les Philistins. Les Hébreux apprirent le culte de Baal des agriculteurs cananéens. À l'exception des offrandes de fruits et du premier-né du bétail, on sait peu de choses des rites utilisés. Leurs lieux saints sont un peu plus que des autels, portant près d'eux le symbole de la déesse phénicienne Ishtart (connue également sous les noms d'Ishtar et d'Astarté). Des colonnes sacrées étaient souvent érigées près des autels.
Le nom Baal entra dans la composition de nombreux noms de personnes et d'endroits hébreux, chaldéens, phéniciens et carthaginois, tels que Baalbek, Ethbaal, Jézabel, Hasdrubal et Hannibal.

-Baphomet: Au cours de leur procès, les Templiers furent accusés d'adorer une idole appelée Baphomet.
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Les historiens modernes de l'Ordre du Temple doutent de la véracité de cette accusation, qui n'était peut-être qu'une simple calomnie. L'origine de ce nom a été expliquée de plusieurs façons: corruption de "Mahomet"(par référence aux rapports des Templiers, parfois non conflictuels, avec l'islam en Terre Sainte); allusion à un mystérieux "baptême de Métis", ou baptême de sagesse; acronyme lu à l'envers d'une formule qui signifie "Père de tous les Templiers". Le Baphomet reprit vie avec la diffusion, au XVIII° siècle, des légendes sur les Templiers comme grands initiés, avec la création de grades dits "templiers" comme parties intégrantes des systèmes de "hauts grades" de certains Rites maçonniques, enfin avec la fondation d'un nouvel Ordre du Temple(qui se disait faussement une continuation de l'ancien) à l'époque de la Révolution française. Dans bon nombre de ces tentatives de "résurgence" templière, sinon dans toutes, le Baphomet, véritable obsession pour certains occultistes des XVIII° et XIX° siècles, occupait effectivement une place privilégiée.

_Bloy, Léon (1846-1917), écrivain et journaliste français dont l'½uvre au style singulier, opposée à l'école naturaliste, mêle l'invective à l'effusion mystique.
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Né à Périgueux dans un milieu très modeste, Léon Bloy travailla à Paris comme commis d'architecte. La rencontre avec Barbey d'Aurevilly, en 1867, le conforta dans son catholicisme intransigeant et militant comme dans ses ambitions littéraires, mais il dut attendre 1882 pour trouver dans un petit journal la liberté d'écrire.
Son premier roman, le Désespéré, largement autobiographique, ne fut publié qu'en 1886. Son autre chef-d'½uvre romanesque est sans doute la Femme pauvre (1897): inspiré à la fois des événements de sa vie et de ses découvertes spirituelles, ce récit se caractérise par un libre mélange entre narration et poésie mystique. Bloy puisa également dans son journal la matière d'un livre où se mêlent la foi et la révolte: le Mendiant ingrat, paru en 1898 et suivi de sept autres volumes. Parmi ses nombreux articles ou essais - où il attaque le naturalisme, le positivisme comme les valeurs démocratiques-, on peut citer notamment le Salut par les Juifs (1892), qui place Israël au centre de l'histoire du monde, et l'Exégèse des lieux communs (1902-1913), inventaire de la «sottise bourgeoise».
Caractérisée par la virulence du ton et la richesse du style, toute l'½uvre de Léon Bloy est animée par une même quête spirituelle: découvrir les clefs d'un symbolisme universel. Aux côtés de ses amis Barbey d'Aurevilly, Villiers de l'Isle-Adam et Huysmans, l'écrivain participa à un courant idéaliste qui rompait avec l'idéologie matérialiste de la fin du XIXe siècle.
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# Posté le jeudi 09 juin 2005 11:31

Glossaire: D...

Glossaire: D...
D.

_Démon, être surnaturel, esprit ou force capable d'influer sur l'existence humaine, généralement de façon maléfique.
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Le démon est présent, sous des formes diverses, dans la plupart des religions. Il appartient également au vocabulaire de l'occultisme et constitue un thème mythologique et littéraire. L'étude des démons est appelée démonologie. L'exorcisme, qui consiste à délivrer un individu ou un lieu d'un démon qui le possède, a été pratiqué dans de nombreuses religions.
La croyance aux esprits du mal et à leur capacité d'agir sur la vie des êtres humains est très ancienne. De nombreux peuples primitifs croyaient en des esprits qui habitaient tous les éléments de la nature. Les esprits du mal, ou démons, étaient les esprits des ancêtres qui venaient tourmenter les vivants. Les sociétés qui pratiquaient le culte des ancêtres cherchaient à influencer les bons et les mauvais esprits (voir Religion). Certaines civilisations anciennes, notamment celles d'Égypte et de Babylone, pensaient que certains de ces esprits étaient responsables du fonctionnement des organes et que certaines maladies étaient provoquées par des démons.
Les esprits et les êtres démoniaques constituent un élément important de l'hindouisme. Les textes sacrés hindous, appelés Veda, composés vers 1000 av. J.-C., décrivent divers êtres démoniaques, notamment les asura et les pani, qui tourmentent les gens et ½uvrent contre les dieux hindous.
On trouve également dans l'islam un système complexe de démons. Les textes musulmans décrivent un groupe d'êtres maléfiques appelés djinns, qui sont cause de destruction et règnent partout où des actions mauvaises sont commises. Le premier djinn, qui s'appelait Iblis, fut chassé par Allah parce qu'il refusait de vénérer Adam, le premier homme.
Les démons sont devenus un élément du folklore un peu partout dans le monde. Beaucoup ont des qualités spécifiques. On connaît notamment les vampires, qui sucent le sang des vivants, ou encore les oni japonais, qui passent pour être responsables des tempêtes. En Écosse, les légendaires kelpies hantent les étangs, prêts à attirer au fond de l'eau les voyageurs imprudents. La croyance populaire aux démons et aux esprits du mal n'a cessé de décliner depuis le XVIIIe siècle.

_Diable, dans les croyances chrétienne, islamique et hébraïque tardive, l'esprit suprême du mal qui règne depuis les temps immémoriaux sur un royaume d'esprits malins et qui s'oppose constamment à Dieu.
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Comme certains aspects de cette figure céleste rappelaient des agents des services secrets des royaumes du Moyen-Orient, il n'est pas surprenant que le satan soit considéré comme un personnage qui cherche à créer la sédition là où elle n'existe pas et qu'on voie en lui un ennemi des êtres humains voulant les écarter de Dieu. Les spéculations sur le satan portent essentiellement sur l'origine et la nature du mal.
Dans la tradition juive tardive et donc dans la pensée chrétienne primitive, le titre devint nom propre; on commença à considérer Satan comme un adversaire non seulement des hommes mais aussi et surtout de Dieu. Ce développement est probablement le résultat de l'influence de la religion zoroastrienne, avec ses pouvoirs opposés du bien (Ohrmazd) et du mal (Ahriman). Mais dans le judaïsme et dans le christianisme, le dualisme est toujours provisoire ou temporaire, le diable étant finalement soumis par Dieu. Dans les écrits de la secte de Qumran conservés dans les manuscrits de la Mer Morte, le diable est personnifié par Bélial, l'esprit de la méchanceté.
Pour certaines branches de la pensée rabbinique, Satan est lié à l'«impulsion du mal», qui est ainsi personnifiée dans une certaine mesure. Cette personnification correspond dans le judaïsme à l'idée selon laquelle les êtres humains peuvent être soumis à des forces malveillantes distinctes de leur volonté consciente. Ainsi, on retrouve dans le judaïsme et le christianisme la croyance que les hommes peuvent être «possédés» par le diable ou par ses subordonnés, les démons.
L'essentiel de la pensée chrétienne concernant le diable est peut-être que Jésus-Christ est venu pour mettre fin à l'emprise que le diable et ses démons avaient sur l'ensemble de l'humanité (la «possession» de quelques-uns est le symptôme de la domination générale sur tous), et que par la crucifixion, le diable et ses acolytes furent condamnés paradoxalement à la défaite finale.
Au Moyen Âge, le diable était présent dans l'art et le folklore, presque toujours représenté comme à moitié animal, à moitié homme, avec une queue et des cornes, méchant et impulsif, parfois accompagné de diablotins. L'idée que ces derniers pouvaient s'introduire dans les êtres humains servait plus à différencier les possédés des gens normaux qu'à indiquer quelque chose sur la situation de toute l'humanité.
L'islam, qui considère le judaïsme et le christianisme comme étant réellement d'inspiration divine, y a puisé son concept du diable. Iblis, le diable, est mentionné dans le Coran, où il est le seul ange à refuser de se prosterner devant Adam. Il est donc maudit par Allah qui le laisse libre de tenter les faibles, comme il le fait dans le récit coranique du Jardin d'Éden.
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# Posté le jeudi 09 juin 2005 11:40

Glossaire: E...

Glossaire: E...
E.

_Enfer, en religion, tout lieu ou état de châtiment et de privation pour les âmes humaines après la mort.
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De manière plus restrictive, le terme désigne le lieu ou l'état de châtiment éternel des damnés, qu'ils soient anges ou êtres humains.
Le terme enfer vient du latin infernus qui signifie «ce qui est en dessous». Le dogme de l'existence de l'enfer vient du principe de la nécessité d'une justification de la justice divine, associée à l'expérience humaine selon laquelle il ne semble pas que les mauvais soient suffisamment punis durant leur vie. La croyance en un enfer (ou des enfers) était répandue dans l'Antiquité et on la trouve également dans la plupart des religions du monde, aujourd'hui. Chez les Teutons, l'enfer était un lieu sous terre où les âmes de tous les mortels, bons ou mauvais, étaient rassemblées après la mort; il se rapprochait donc d'une conception similaire à celle du Shéol hébreu.

-L'enfer dans le judaïsme ancien.

Chez les juifs anciens, comme au sein des autres nations sémites, l'existence dans le Shéol était considérée comme une perpétuation fantomatique de la vie terrestre, pendant laquelle les problèmes de cette vie terrestre prenaient fin. Le Shéol était conçu comme un lieu souterrain où les morts menaient une vie léthargique. Plus tard, la prédiction du prophète Isaïe dans sa satire sur la mort du roi de Babylone, s'adressant en ces termes au tyran: «Te voilà tombé au Shéol, dans les profondeurs de l'abîme» (Isaïe, XIV, 15), donna naissance à l'idée selon laquelle il existerait plusieurs profondeurs au Shéol, en fonction du degré de récompense ou de châtiment mérités.

-L'enfer chrétien

Les premiers écrivains chrétiens utilisèrent le terme enfer pour désigner les limbes des jeunes enfants non baptisés où ils jouissaient d'une félicité naturelle mais où le bonheur suprême de voir Dieu leur était refusé, les limbes des pères, dans lesquels les âmes des justes décédés avant l'avènement du Christ attendaient leur rédemption, et qui sont mentionnés dans le Symbole des Apôtres, «Il [Christ] descendit aux enfers», le purgatoire, lieu de purgation des péchés véniels et qui conduit toujours au ciel, et enfin le lieu de châtiment de Satan et des autres anges déchus ainsi que de tous les mortels morts sans s'être repentis de leurs péchés graves. Cette dernière interprétation est la plus acceptée de nos jours.
La durée des châtiments en enfer a fait l'objet de controverses depuis les premiers temps du christianisme. L'écrivain et théologien chrétien du IIIe siècle Origène et son école, l'école d'Alexandrie, enseignaient que ces châtiments avaient pour but de purifier des péchés, et qu'ils étaient proportionnels à l'importance des fautes commises. Origène soutenait qu'avec le temps l'effet purificateur serait obtenu chez tous, même les mauvais, que le châtiment finirait par cesser et que ceux qui se trouvaient en enfer pourraient enfin avoir droit au bonheur. Cette doctrine fut condamnée par le second concile de Constantinople en 553, et la croyance en un châtiment éternel en enfer devint caractéristique des Eglises orthodoxe et catholique. Elle passa également dans les symboles des Eglises réformées (voir Protestantisme), mais la doctrine de l'enfer fut rejetée par les penseurs les plus radicaux de la Renaissance.
Actuellement, de nombreux chrétiens rejettent la croyance en une punition après la mort et en la durée infinie de ce châtiment, bien que l'Église enseigne qu'il existe, que le châtiment commence juste après la mort et qu'il est éternel. La question concernant la nature du châtiment en enfer est également controversée. Les opinions varient de la croyance selon laquelle les peines supportées en enfer ne sont rien de moins que les remords de conscience à la croyance traditionnelle selon laquelle la «douleur de la perte» (la conscience d'avoir perdu la chance de voir Dieu et le bonheur des cieux) est associée à la «douleur ressentie» (tourment physique réel).

-L'enfer dans les autres religions

L'islam a tiré sa conception de l'enfer des sources judéo-chrétiennes et zoroastriennes. Au dernier jour, les morts sortiront de leur tombeau et seront jugés, puis devront traverser un pont aussi étroit qu'une lame de rasoir qui conduit au paradis par-dessus l'abîme de l'enfer. Infidèles et pécheurs tomberont en enfer.
L'hindouisme considère vingt et un enfers qui font partie du cycle infini de la transmigration des âmes. Les mauvaises actions des mortels entraîneront leur réincarnation en enfer, où les démons les tourmenteront jusqu'à la purgation de leurs péchés, et ils seront alors libres d'être réincarnés à des niveaux supérieurs.
Le bouddhisme a adopté et modifié les concepts hindous de la réincarnation et de l'enfer. Selon la cosmologie bouddhiste orthodoxe, les six «destinées» de l'existence mortelle incluent trois sphères dans lesquelles ceux qui sont accablés d'un karma particulièrement préjudiciable peuvent être réincarnés: la destinée de l'enfer, la destinée des fantômes affamés, et la destinée des démons en guerre. Comme dans l'hindouisme, les tortures endurées dans ces destinées permettront de purger le mauvais karma de l'âme et de la libérer en vue d'une réincarnation dans un niveau plus élevé. Cette doctrine est particulièrement élaborée dans la tradition de l'Asie orientale, dans laquelle les morts sont jugés par le roi (ou les rois) de l'enfer et condamnés aux châtiments correspondants. En Chine, cette croyance bouddhiste fusionna avec la tradition religieuse concernant le domicile des dieux chinois et des immortels taoïstes, offrant aux morts une variété encore plus grande de destinées potentielles. Voir aussi: Paradis; Eschatologie

_Exorcisme, pratique religieuse ou magique qui consiste à délivrer une personne ou un lieu du démon ou de l'esprit malfaisant qui le possède ou risque de le posséder.
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L'exorcisme est en principe pratiqué par un individu jouissant d'une autorité religieuse spéciale, prêtre ou chaman par exemple. D'usage courant dans les sociétés anciennes, l'exorcisme était basé sur la pratique de la magie. La civilisation babylonienne antique avait des prêtres spéciaux qui détruisaient une représentation en argile ou en cire d'un démon, au cours d'un rituel destiné à détruire le vrai démon. Des rites semblables existaient chez les Égyptiens et les Grecs de l'Antiquité. De nombreuses religions ont conservé la pratique de l'exorcisme.
La Bible fait plusieurs fois référence aux démons et à l'exorcisme. Le Nouveau Testament décrit plusieurs cas où Jésus-Christ chasse les esprits malfaisants par la prière et le pouvoir de son commandement. Dans l'Église catholique, l'exorcisme est un acte réservé aux évêques ou à des prêtres délégués. Il est surtout employé comme préparation au sacrement du baptême. L'exorcisme a été maintenu dans l'Église luthérienne.
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# Posté le jeudi 09 juin 2005 11:43

Modifié le jeudi 23 juin 2005 18:10