Glossaire: G...

G.

Guaïta, Stanislas de (1861-1897), chercheur et occultiste français.
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Après des études de chimie et de médecine, cet érudit originaire de Moselle, féru de poésie, s'intéresse aux interprétations kabbalistiques. En 1888, Stanislas de Guaïta fonde l'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix, groupe réunissant une poignée d'intellectuels et savants anticonformistes.
En 1887, il commence à écrire son triptyque le Serpent de la genèse, sorte de «synthèse radicale, absolue, précise comme les mathématiques et profonde comme les lois même de l'existence».
Le premier tome, le Temple de Satan (1892), est une vive attaque contre la sorcellerie. La Clé de la magie noire (1897) s'attache à comprendre la vie et la mort; la mort serait la rupture du lien sympathique entre les différentes vies définies par l'auteur (universelle, individuelle, cellulaire et atomistique). Le dernier tome, inachevé (posthume, 1952), traite de l'origine du mal.
Morphinomane vers la fin de ses jours, Stanislas de Guaïta meurt emporté par la maladie, dans son château d'Alteville, à l'âge de 36 ans. Véritable chercheur, il a laissé, dans sa bibliothèque, quelques 1653 livres sur l'occultisme, minutieusement annotés.
Maurice Barrès, son ami, parle plus tard de lui comme d'un philosophe, «si, comme je le crois, la philosophie c'est devant la vie le sentiment et l'obsession de l'Universel, et devant la mort l'acceptation».

# Posté le jeudi 23 juin 2005 18:13

Glossaire H...

H.

Huysmans, Joris-Karl (1848-1907), écrivain français, auteur de A rebours, qui connut une évolution du naturalisme au mysticisme en passant par le décadentisme.
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Georges Charles Huysmans naquit à Paris le 5 février 1848. Il descendait, par son père, d'une lignée d'artistes et de peintres hollandais auxquels il rendit honneur plus tard, en adoptant le prénom de Joris-Karl. Orphelin de père à huit ans, il entreprit des études de droit, qu'il abandonna rapidement pour mener une vie de bohème au Quartier latin. Il fit, à cette époque, de modestes débuts dans la critique.
En 1870, il fut enrôlé comme garde mobile dans la Garde nationale de la Seine mais, bientôt malade, il ne connut de la guerre que son visage le plus dérisoire. Sa réticence à l'égard de toutes les formes d'organisation sociale et de vie politique sortit définitivement renforcée de cette expérience. C'est en 1876 que commencèrent ses relations suivies avec Zola et les Goncourt. Il publia d'ailleurs une nouvelle, Sac au dos, dans le recueil naturaliste intitulé les Soirées de Médan (1880). C'est également de cette période naturaliste que datent les S½urs Vatard (1879), En ménage (1881) et À vau-l'eau (1882). Mais le naturalisme d'Huysmans y est déjà prétexte à une expression très personnelle.
En 1884,
il publia À rebours, roman qui, dès sa parution, eut pour conséquence une brouille avec Zola: dans une préface écrite vingt ans après le livre, Huysmans reconnut que ce roman était effectivement une dénonciation du naturalisme: «Nous devions nous demander si le naturalisme n'aboutissait pas à une impasse et si nous n'allions pas bientôt nous heurter contre le mur du fond.» Dans À rebours, Huysmans créa un personnage tout à fait fascinant, DesEsseintes, qui incarne l'essence de ce que l'on appelle la décadence. Lors du scandale qui accompagna la publication de ce roman, Barbey d'Aurevilly écrivit: «Après un tel livre, il ne reste plus à l'auteur qu'à choisir entre la bouche d'un pistolet ou les pieds de la croix.» À terme, Huysmans lui donna raison par sa conversion.
Dès 1890, il entra dans une période de satanisme mystique, qui imprègne profondément le climat de son roman Là-bas, publié en 1891. Le personnage de Durtal, adepte de la magie noire et spécialiste de Gilles de Rais, y succédait à Des Esseintes. Le livre, jugé obscène et blasphématoire, suscita naturellement de nombreuses protestations vertueuses et reçut un éreintage en règle de la part de Léon Bloy, avec qui Huysmans s'était brouillé. Paradoxalement, c'est avec l'aide inattendue de Satan, et par la magie noire et les pratiques ésotériques que Huysmans trouva le chemin vers Dieu.
Ses derniers romans confirment et précisent d'ailleurs son évolution vers un catholicisme orthodoxe: en 1898, il publia la Cathédrale, qui est né d'un mélange, parfois aride, de symbolisme et d'autobiographie spirituelle; le livre connut un succès inespéré. En 1901, Huysmans fit sa profession solennelle d'oblature après un an de noviciat et publia Sainte Lydwine de Schiedam, où il expose sa doctrine de la substitution et de la souffrance mystiques.
Le 12 mai 1907, Huysmans s'éteignit après des mois d'un douloureux martyre, qu'il avait accepté dans un esprit d'expiation mystique.
Huysmans se caractérisait par une curiosité universelle, qui le conduisit à multiplier ses expériences, parfois au risque de son équilibre, mais aussi à étendre le réseau de ses amitiés. Cette curiosité explique également l'aspect hétéroclite de ses ½uvres et le caractère inattendu de sa trajectoire. Celui qui fut toute sa vie considéré comme un marginal apparaît aujourd'hui comme un auteur majeur du XIXe siècle.
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# Posté le vendredi 27 janvier 2006 19:44

Glossaire L...

L.

Léviathan, dans la Bible, terme désignant un énorme monstre écailleux.
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Les exégètes bibliques l'appliquent souvent au crocodile, excepté dans les Psaumes, CIV, 26 et le livre de Job, XLI, 1-8, où il est décrit comme un «requin» ou un «dauphin» vivant dans la mer. Dans le livre d'Isaïe, XXVII, 1, il est décrit comme «le serpent lové». Le terme est également mentionné dans le second livre d'Esdras, VI, 49-52. Il est, avec Béhémoth, l'un des deux monstres présentés dans la Bible.

Lucifer, dans les temps anciens, nom de la planète Vénus désignant le roi de Babylone appelé «étoile du matin, fils de l'aurore»; croyant que ce verset faisait référence à la chute de Satan, les Pères de l'Église ont associé le nom de Lucifer à Satan.
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# Posté le vendredi 27 janvier 2006 19:54

Glossaire M...

M.

-Magie (sorcellerie), ensemble de pratiques reposant sur l'idée qu'il existe dans la nature des puissances cachées sur lesquelles ont peut agir pour susciter un malheur ou s'attirer un bien.
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Historiquement, le mot vient de la science des anciens sages de l'empire perse (en particulier des mazdéens).
Selon les anthropologues, il existe des croyances et pratiques magiques dans la plupart des civilisations, quel que soit leur degré d'évolution. Ainsi, la divination, la communication avec les morts, l'astrologie, les envoûtements, ou l'utilisation des amulettes ont survécu jusqu'à présent.
Dans certaines sociétés peu évoluées, presque tous les domaines de la connaissance sont concernés par les croyances et les pratiques magiques, notamment les soins médicaux.
Les anthropologues divisent la magie en deux catégories: la magie blanche (ou bénéfique) et la magie noire (ou maléfique). La magie blanche est utilisée pour écarter les mauvais esprits (guérir, conjurer la malchance, etc.); la magie noire cherche à se concilier les mauvais esprits dans le but de nuire à autrui. Au Moyen Âge, la magie noire comprenait la sorcellerie, la magie et l'invocation des démons; la magie blanche prenait la forme de l'astrologie, de l'hypnose et de l'herboristerie.
On peut distinguer quatre types de magie.

I)_La magie sympathique, au sens médical du terme, repose sur le symbolisme et cherche à obtenir la réalisation de souhaits. Les effets recherchés sont obtenus par imitation du réel ou en utilisant des objets associés à une réalité particulière. On pense par exemple que l'on peut blesser des ennemis en plantant des épingles dans leur effigie, en prononçant leur nom dans une formule magique ou en brûlant des cheveux ou rognures d'ongles leur appartenant. De même, la force, la rapidité ou l'adresse d'un animal pourrait être acquise en mangeant la chair de cet animal ou en utilisant des outils fabriqués avec sa peau, ses cornes ou ses os. La pratique du cannibalisme repose sur la croyance selon laquelle, en dévorant le corps d'un ennemi, on acquiert les qualités de celui-ci.

II)_La seconde pratique magique est la divination, acquisition de connaissances secrètes par l'interprétation de présages naturels (augures) ou artificiels (objets disposés aléatoirement ou tirés au sort) par l'astrologie (interprétation des positions et des conjonctions d'étoiles et de planètes) et par les révélations (paroles inspirées prononcées par des personnes en état de transe, par des prêtres oraculaires ou par des médiums).

III)_La troisième forme de magie est la thaumaturgie (art de faire des miracles) qui inclut l'alchimie notamment.

IIII)_Enfin, la quatrième forme de magie est l'incantation ou récitation chantée de formules magiques, phrases dépourvues de sens intelligible, successions de noms, etc. La plupart des différents rites magiques ne se contentent pas d'une seule de ces formes et les mêlent le plus souvent.


-Mal, concept qui ne peut exister et être pensé qu'en rapport avec son contraire: le bien.
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Suscitant divers types de questionnements, le mal intéresse à la fois la mythologie, la théologie et la philosophie.
C'est qu'il faut envisager, dans l'extension même du concept, plusieurs approches possibles: le mal tient-il de nos souffrances physiques, du sensible; ou est-il d'ordre moral en ce qu'il touche au péché; ou enfin, est-ce simplement un mal métaphysique, cette angoisse de l'Homme face à son imperfection? Comment le mal est-il possible dans un univers gouverné par un être suprême à la fois bon et tout-puissant? Telle est le problème que se pose la théologie chrétienne, celui d'une conciliation de la réalité du mal avec l'existence d'un Dieu à la bonté infinie. Les thèses de saint Augustin comme celles de saint Thomas d'Aquin ont eu une influence durable sur la résolution apportée par le christianisme au problème du mal. Alors que, dans l'Ancien Testament, le Livre de Job suggère au sujet de la souffrance imméritée du prophète que les voies de Dieu sont mystérieuses et inaccessibles à l'entendement humain, saint Augustin et saint Thomas réconcilient la croyance chrétienne en un Dieu bienveillant avec celle de l'omniprésence du mal. Selon Augustin, le mal ne fut pas créé par Dieu.

Le mal est privation ou absence de bien, au même titre que l'obscurité est absence de lumière. Il est cependant possible qu'une chose créée, initialement bonne, perde progressivement sa bonté et que le mal fasse son apparition lorsque des créatures dotées du libre arbitre, notamment les anges et les esprits inférieurs comme les démons et êtres humains, se détournent de la bonté parfaite et choisissent un degré inférieur de la bonté. De plus, ce qui apparaît au premier abord comme mal peut l'apparenter au bien sous l'angle de l'éternité, car toute chose est bonne dans la perspective de l'éternité qui est celle de Dieu.

Cette «disculpation» de Dieu se retrouve encore chez Leibniz (Théodicée), qui en fait le motif de l'harmonie du monde: sans le mal, le monde serait en quelque sorte «trop parfait», or, cette perfection, Dieu seul en est capable. Il peut donc tolérer quelques notes discordantes et il manquerait quelque chose à l'harmonie de ce monde que Lui-même a voulu comme tel: Leibniz soutient que la puissance créatrice de Dieu est limitée aux mondes logiquement possibles et que le mal est un élément logiquement nécessaire du «meilleur des mondes possibles».
D'autres religions ont posé différemment le problème du mal. Ainsi, certaines d'entre elles reposent sur la réfutation de l'existence du mal ou sur celle de la toute-puissance de Dieu. Pour la religion hindouiste, le mal n'a pas d'existence réelle, mais appartient au monde illusoire des phénomènes. Dans le zoroastrisme et le manichéisme, le mal est attribué à une divinité, contre laquelle doit lutter la divinité du bien.
Il faut rappeler que la philosophie antique a fourni une réponse au problème du mal qui s'articule sur la notion d'impossibilité logique : le mal serait dû simplement à l'ignorance de celui qui le commet ou le subit, ignorant de l'ordre du monde, du Tout, qui ne peut être irrationnel. Platon (Théétète) l'expulsera même hors de la sphère des Idées, en ce que le mal est lié au corps corrompu par la matière.
Si, durant le siècle des Lumières, les penseurs sceptiques comme Voltaire ou comme David Hume rejettent l'idée que les douleurs et les souffrances de l'existence humaine puissent se justifier par un plan divin bienveillant dont elles feraient partie intégrante, Nietzsche réhabilite l'idée d'un dieu capable de penser et de faire le mal «totalement dépourvu de scrupules et de moralité, ne cherchant qu'à satisfaire en toute circonstance[...], qu'il fasse le bien ou le mal, son plaisir et sa souveraineté» (la Naissance de la tragédie).


-Messe noire, parodie de la messe catholique romaine qui implique le culte du diable, également appelé Satan.
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Les récits de messe noire sont issus de la littérature et de la légende. Ils décrivent un certain nombre de rites qui tournent généralement en dérision le message chrétien au cours d'une messe. Par exemple, les participants suspendent un crucifix à l'envers, récitent les prières traditionnelles en commençant par la fin, simulent une bénédiction avec de l'eau sale, utilisent une femme nue en guise d'autel, sacrifient des animaux ou accomplissent différents actes sexuels.
La légende des messes noires est probablement née au Moyen Âge, lorsque certains ont combiné des rites chrétiens à de la magie. Des observateurs ont sans doute associé ces pratiques à de la sorcellerie ou au culte satanique. Certains érudits pensent que l'image moderne de la messe noire s'est développée depuis le XVIIe siècle, lorsque de nombreuses personnes en Europe et dans les colonies américaines furent mises à mort pour sorcellerie. Les tribunaux ont alors souvent
forcé les gens accusés de sorcellerie à avouer qu'ils pratiquaient les rites décrits dans les anciennes légendes. Les sociétés de sorcellerie organisées ne reconnaissent pas la pratique des messes noires.
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# Posté le vendredi 27 janvier 2006 20:05

Glossaire O...

O.

Occultisme, croyance en l'efficacité d'un ensemble de pratiques comme l'alchimie, l'astrologie, la divination et la magie, fondées sur des connaissances ésotériques ou «cachées» relatives à l'univers et à ses forces mystérieuses.
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Cette connaissance inclut généralement le concept de «correspondances», c'est-à-dire de relations de type analogique entre les différentes entités universelles (étoiles, planètes, êtres vivants, etc.). L'initiation, par ceux qui la possèdent ou l'étude de textes ésotériques qui l'expliquent, permet d'obtenir la véritable connaissance occulte. L'occultisme occidental trouve ses racines dans les traditions babyloniennes et égyptiennes antiques, en particulier telles qu'elles sont transmises par les philosophes hermétistes. Largement étendu par le mysticisme de la kabbale, il connut une évolution importante durant le Moyen Âge. De nombreux érudits de l'époque médiévale et de la Renaissance, comme Roger Bacon ou Paracelse, représentent une véritable transition entre l'occultisme antique et la science moderne. En dépit des interdits religieux et des progrès de la science moderne, la pratique de l'occultisme persista durant les XVIIIe et XIXe siècles, bien qu'on accorde plus d'importance à sa signification spirituelle qu'à ses applications pratiques. Pour Franz Anton Mesmer, père de l'hypnotisme moderne et fondateur de la théorie du «magnétisme animal», l'occultisme était une manière d'affirmer la nature fondamentale de l'univers comme conscience et la capacité de l'esprit humain à agir directement sur lui. À Paris, les adeptes du «mesmerisme» fondèrent en 1784 la Société de l'harmonie. Les thèses de Mesmer connurent un large retentissement dans le mouvement romantique du XIXe siècle, passionnèrent Balzac et intéressèrent les symbolistes. Dans le monde anglophone, les sciences occultes, et en particulier le spiritualisme, eurent une influence considérable sur l'½uvre de Yeats.
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# Posté le vendredi 27 janvier 2006 20:07